Pendant longtemps, les fraises étaient tout simplement… des fraises. Les cultivars traditionnels produisaient une seule récolte abondante, fin juin ou début juillet. La floraison étant influencée par la durée du jour. Toute la production était concentrée sur quelques semaines qui rimaient avec la fin des classes et les plus longues journées d’été.
Aujourd’hui, ces variétés sont appelées « fraises d’été » afin de les distinguer des cultivars à jours neutres comme la Seascape qui a été introduite en 1993. Contrairement aux variétés traditionnelles, les fraises à jours neutres produisent des fleurs indépendamment de la longueur des journées. Résultat : la production peut s’étendre sur une bonne partie de la saison estivale.
La production de fraises peut aussi se faire en serre ou en grand tunnel.
Plus récemment, la culture en grand tunnel et en serre est venue prolonger davantage l’offre locale. Cette évolution répond notamment à une demande grandissante des consommateurs pour des fraises locales sur une plus longue période, dans un contexte où les importations occupent une place importante sur le marché.
Néanmoins, peu de fruits peuvent rivaliser avec le goût d’une fraise fraîchement cueillie au champ. Pour Miguel Boucher, producteur de fraises entre Bourget et Casselman dans l’Est ontarien, « il n’y a rien qui goûte aussi bon qu’une fraise cultivée dans sa région et cueillie le jour même. Rien à voir avec une fraise de la Californie ou du Mexique ayant traversé la moitié du continent ».
Pour ceux qui souhaiteraient l’essayer à la maison, la culture des fraises peut être une expérience intéressante, à petite ou grande échelle.
Pour Alexandre Henrie, « un bon paillis permet de garder les fraises propres ».
Des fraises locales dans son jardin … et sur le balcon
Comme pour les tomates ou les autres fruits et légumes, le choix des plants devrait d’abord être guidé par l’usage que l’on souhaite en faire.
Si votre souhait est de préparer plusieurs pots de confiture en quelques jours, les fraises d’été, comme la Jewel, seront probablement les mieux adaptées puisqu’elles offrent une récolte abondante sur une courte période.
Si vous préférez récolter quelques fraises fraîches tout au long de l’été pour les déjeuners, les desserts ou les collations, les cultivars à jours neutres, comme la Seascape risquent davantage de vous plaire.
Les fraisiers étant autofertiles, il est possible de n’utiliser qu’un seul cultivar. Toutefois, comme en agriculture, il est souvent préférable de diversifier les risques. Planter deux ou trois variétés permet d’étaler la récolte et de mieux composer avec les aléas de la météo ou les ravageurs.
Une bonne nouvelle pour les jardiniers : le fraisier, spécialement à jours neutres, se cultive aussi bien en pleine terre qu’en pot ou en jardinière suspendue, ce qui en fait un excellent choix pour les balcons et les petits espaces. À condition que les plants reçoivent suffisamment de lumière. Les centres-jardins proposent également des terreaux spécialement conçus pour la culture de petits fruits en pots tandis que pour la culture en champs, on privilégiera les sols sableux ou les loams qui se réchauffent bien au printemps.
Que ce soit au jardin ou sur le balcon, les fraises auront besoin d’un approvisionnement régulier en eau et en éléments nutritifs. « Cet aspect est particulièrement important pour les cultivars à jours neutres qui produisent sans relâche pendant tout l’été », souligne Alexandre Henrie, de la Ferme Orléans.
Lorsqu’on visite une ferme ou qu’on remplit son panier à l’autocueillette, on trouve bien plus que des fraises : on repart avec une meilleure compréhension de notre agriculture et un lien plus direct avec ceux qui nous nourrissent.
La récolte, à la maison ou à l’autocueillette
Selon Miguel Boucher, l’une des erreurs les plus fréquentes consiste à croire qu’une fraise continuera à mûrir après la récolte. « Une fraise cueillie avant maturité ne développera pas davantage sa couleur ni sa saveur une fois détachée du plant. Il faut donc attendre qu’elle soit bien rouge avant de la cueillir. Parfois, quelques heures de soleil peuvent faire toute la différence. »
C’est d’ailleurs ce qui explique pourquoi les producteurs et les adeptes de l’autocueillette doivent souvent revenir plusieurs fois dans le même rang au cours d’une semaine.
En attendant de récolter vos propres fraises, Alexandre Henrie invite à vous rendre à Ontario Berries, pour visiter la ferme la plus proche de chez eux.
Choisir des fraises locales, c’est aussi choisir d’investir dans les producteurs de chez nous. Derrière chaque panier se trouvent des familles agricoles qui prennent des risques, s’adaptent aux conditions de la saison et travaillent fort pour offrir un produit frais et savoureux. Lorsqu’on visite une ferme ou qu’on remplit son panier à l’autocueillette, on trouve bien plus que des fraises : on repart avec une meilleure compréhension de notre agriculture et un lien plus direct avec ceux qui nous nourrissent.
Malgré tout, les fraises de la fin des classes restent les vraies fraises pour plusieurs d’entre nous. Celles qui annoncent les vacances, les journées plus longues, les visites à l’autocueillette et le début de l’été.