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le Mercredi 19 juillet 2023 14:21 Forêts

Des forêts et des terres

Une route qui traverse une forêt
Une route qui traverse une forêt
À priori, l’espace forestier et le champ agricole ont peu en commun et les boisés ou la forêt sont parfois perçus comme une perte de terrain qui pourrait être cultivée. Pourtant, elles sont étroitement liées et les terres agricoles ne sauraient être saines et durables sans l’existence des arbres.
Des forêts et des terres
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Dans le monde de l’agriculture traditionnelle, on s’est peu intéressé à la forêt. Pour tout dire, à une certaine époque, on a plutôt cherché à l’enrayer, la défricher sans relâche pour agrandir la superficie de terres cultivables.

Mais de plus en plus, on reconnaît et comprend que l’espace forestier est nécessaire en soi, mais qu’il est aussi bénéfique aux terres agricoles. Selon Jean Saint-Pierre, de l’association Boisé Est, « on devrait avoir 30% du territoire sous forme de couvert forestier», parce que selon les recherches les plus récentes, « il y a des bénéfices à voir des forêts en périphérie des champs; les forêts protègent les ruisseaux, les rivières. » Et protéger les cours d’eau, c’est protéger les écosystèmes et les bêtes qui y vivent.

Tous les agriculteurs connaissent l’importance des insectes, en particulier des insectes pollinisateurs. Nadia Carrier des Serres M. Quenneville, qui a fait le choix il y a longtemps de travailler en respectant plus l’environnement, donne comme exemple les « plantations de bandes fleuries près des champs pour attirer les insectes et protéger leur écosystème». Une méthode simple, mais efficace.

Laisser vivre des herbages et des boisés, c’est permettre le « maintien des habitats des insectes », explique M. Saint-Pierre. « C’est important de maintenir un bon niveau de biodiversité, de garder un équilibre entre forêt et champ », ajoute-t-il.

Ce qu’on appelle les boisés de ferme ont aussi un avantage relativement évident. Évidemment, ces bandes d’arbres et de flore variée créent de véritables haies brise-vent qui protègent les champs des dégâts causés par les grands vents, de l’érosion par le sable, ce dernier phénomène nuisant grandement à la productivité des sols.

Par ailleurs, des boisés sains en bordure de terres agricoles fournissent aux animaux sauvages la nourriture dont ils ont besoin, ce qui diminue leur tendance à aller se nourrir des cultures et réduit les pertes. Et comme les insectes ne sont pas tous bénéfiques, une belle biodiversité assurera un contrôle naturel des insectes nuisibles, grâce aux chauve-souris ou aux oiseaux qui s’en délectent.

Et enfin, ce couvert forestier apporte des avantages plus systémiques, mais qui profitent aussi aux agriculteurs. M. Saint-Pierre avance que des études « montrent que jusqu’à 25% des gaz à effet de serre seraient absorbés par la forêt, ce qui n’est pas négligeable. Donc, de beaux boisés en santé, contrairement à ce qu’on a cru jadis, c’est aussi des terres agricoles productives.

IJL – Réseau.Presse – Agricom