le Samedi 18 juillet 2026
le Mercredi 26 novembre 2025 9:46 Alimentation

Paniers de Noël: la santé à tout prix?

On ne met pas n'importe quoi dans un panier de Noël. —  Image Pexels Julia M. Cameron.
On ne met pas n'importe quoi dans un panier de Noël.
Image Pexels Julia M. Cameron.

À l’approche du temps des Fêtes, les organismes de bienfaisance redoublent d’efforts pour solliciter vos dons en argent ou en denrées alimentaires pour venir en aide aux familles plus démunies. Si les dons en argent ont la cote depuis la Covid, les dons de nourriture restent les bienvenus. Mais voilà: quoi offrir?

Paniers de Noël: la santé à tout prix?
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« L’important est de garder en tête à qui l’on donne », rappelle l’agroéconomiste Nadia Carrier. « Les besoins d’une famille immigrante nouvellement arrivée ne seront pas nécessairement les mêmes que ceux d’une famille canadienne d’origine ou encore d’un couple âgé. »

On donne quoi?

Que ce soit à l’école de vos enfants, à l’épicerie ou ailleurs, les campagnes de dons en denrées alimentaires se multiplient à l’occasion du mois de décembre, peut-être parce qu’on se sent l’âme généreuse. Mais parfois, un geste altruiste peut partir d’une bonne intention… Et rater sa cible.

Nadia Carrier prône le don d’aliments sains… Mais tout en permettant un brin de folie.

Image Linkedin.

S’il est vrai qu’à cheval donné on ne regarde pas la bride, Nadia Carrier croit que le don de nourriture devrait être guidé par quelques principes simples: la valeur nutritive, l’intérêt et la facilité de préparation.

« On ne devrait pas donner ce dont on n’a pas nous-même envie. Je ne suis pas sûre que d’offrir des huîtres en conserve soit une bonne idée. C’est comme les préparations à gâteaux: parfois, la personne qui le reçoit habite en chambre avec juste un accès à un frigo et un micro-ondes. Il y a aussi les immigrants nouvellement arrivés et qui ne sauront pas quoi faire avec une enveloppe de sauce à poutine », dit-elle.

Selon elle, donner ne se limite pas seulement à remplir un panier: c’est aussi offrir des aliments de qualité, nutritifs, mais aussi des aliments qui font du bien au cœur et qui redonnent un sentiment de normalité et de plaisir, surtout en période festive. Donc, oui, ça peut vouloir dire d’inclure du chocolat!

« Idéalement, on favorisera des aliments faibles en sucre, en gras et en sel. Il est facile de dire “il suffit de manger plus de fruits et légumes”, mais la réalité des familles en situation de précarité est bien plus complexe. Elles jonglent avec des contraintes financières, logistiques, émotionnelles et parfois culturelles. Une approche bienveillante consiste à reconnaître cette réalité et à proposer une aide qui soutient, sans juger, qui accompagne sans imposer. »

Du côté des organismes

Gina LaPointe œuvre bénévolement depuis plus d’une vingtaine d’années au jardin communautaire d’Orléans. Rapidement, elle a constaté qu’il existait une demande pour la surproduction de fruits et légumes auprès des organismes de charité. Elle s’inscrit au programme Un rang pour ceux qui ont faim, une initiative d’entraide entre citoyens afin d’aider à nourrir les personnes défavorisées au sein de leurs propres communautés.

Gina Lapointe souhaite que les banques alimentaires acceptent davantage de fruits et légumes imparfaits.

Image courtoisie.

« J’ai demandé aux jardiniers de déposer dans l’abri de jardin les légumes dont ils ne voulaient plus. Cela a eu un impact considérable. On a ainsi donné beaucoup plus de légumes qu’avec la seule rangée qu’ils avaient semée à partir des graines données. Chaque année, la quantité de nourriture augmentait à mesure que nous nous perfectionnions en jardinage et entre 2010 et 2020, j’ai livré 10 tonnes de nourriture à la Mission d’Ottawa. »

Curieusement, certains groupes caritatifs n’ont pas montré plus d’enthousiasme qu’il faut envers l’initiative, selon Mme LaPointe. « La Banque alimentaire d’Orléans ne voulait que des fruits et légumes propres et sans défaut. Du côté de la Mission d’Ottawa, quand ma santé m’a empêché de faire la livraison, ils n’étaient pas intéressés à envoyer leur camionnette faire le ramassage à la ferme. »

Nadia Carrier croit qu’on peut se poser quelques questions pour faire preuve d’empathie et connecter avec ceux qui vont recevoir nos dons: qui sont-ils? Une famille avec de jeunes enfants, des personnes âgées seules, des nouveaux arrivants, des étudiants? Regarder le profil du quartier peut influencer ce que l’on va donner.

Familles avec enfants

  • Collations saines individuelles
  • Boîtes à lunch complètes
  • Fruits en compote sans sucre ajouté
  • Céréales peu sucrées

Personnes âgées

  • Aliments faciles à mâcher
  • Soupes et purées
  • Portions individuelles

Nouveaux arrivants

  • Aliments correspondant à leurs cultures
  • Épices typiques
  • Riz basmati, couscous, lentilles spécifiques

Des réchauds pour le cœur

  • Café 
  • Chocolat 
  • Tisanes
  • Épices
  • Mélanges pour biscuits maison
  • Petits plats festifs faciles à préparer
  • Jus 100 % fruits
  • Serviettes hygiéniques, papier toilette, savon
  • Jouets pour enfants

Gina continue de travailler bénévolement, au gré de sa santé. Et en cette période de l’année où les paniers de Noël sont populaires, nous lui avons demandé ce qu’elle y mettrait, pour peu que l’argent ne soit pas un obstacle.

« Je donnerais des dindes, car elles contiennent beaucoup de viande, des carottes, du maïs congelé, des sachets de café de 450 g, des boîtes de préparation pour crêpes et de sirop, des sacs de pommes de terre de 4,5 kg, des sacs de riz, de la farce en boîte, des œufs et des boîtes de chocolats! »

Agricom- Jean-Marc Dufresne- IJL