le Samedi 18 juillet 2026
le Vendredi 1 août 2025 15:00 Éditorial

Lait local, lait équitable

Sur notre ferme de 5e génération à Sarsfield, dans l’est d’Ottawa, ma famille et moi produisons du lait. Du bon lait local, produit sur une ferme dont les origines remontent à 1876. J’oserais même dire que notre lait est un produit équitable, à la fois pour nous, les transformateurs et les consommateurs.

Lait local, lait équitable
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Le lait au Canada est produit sous gestion de l’offre, un système qui régule les prix et les volumes de production, pour éviter la surproduction. Ce système comprend aussi des mesures qui limitent les importations. Dans le contexte actuel, cette protection irrite le président américain, qui veut renégocier les accords commerciaux à l’avantage de son pays.

 

Nicholas Dessaint est producteur laitier à Sarsfield. Il a été président de l’UCFO de 2020 à 2022.

Pendant la pandémie, la gestion de l’offre a été louangée à cause de la stabilité qu’elle offrait aux Canadiens et parce qu’elle assurait une certaine souveraineté alimentaire au pays.

Dans le chaos actuel provoqué par les interventions tarifaires de nos voisins au sud, nous nous retrouvons encore une fois dans une situation où nous recherchons cette stabilité. Cette fois, avec encore plus de patriotisme, nous nous retournons vers les produits étampés de la feuille d’érable, ou dans mon cas la petite vache bleue.

La production de lait, comme tous les produits sous la gestion de l’offre, vise à combler le marché canadien tout en offrant un prix juste et stable aux consommateurs ainsi qu’aux producteurs et un approvisionnement régulier et fiable aux transformateurs. De plus, la qualité du produit, son impact positif sur l’économie locale et la réduction de son empreinte environnementale ajoutent à sa valeur.

Cette année, Dairy Farmers of Ontario (DFO) célèbre ses 60 ans. DFO est l’office de commercialisation pour tous les produits laitiers de la province.

Dans les 60 dernières années, le nombre de fermes laitières dans la province est passé de 40 420 à 3187. Le nombre de vaches a diminué de 903 000 à 320 000. La quantité de lait produite – 3 milliards de litres par année – est restée sensiblement la même, grâce aux améliorations qu’on faites les producteurs à leurs entreprises et à la génétique de leurs troupeaux.

L’augmentation de la production de lait par vache signifie que nous réussissons à faire plus de lait avec moins de ressources et moins d’animaux qu’auparavant. Cette efficacité réduit de beaucoup l’empreinte environnementale de l’industrie.

Selon DFO, l’industrie laitière ontarienne supporte plus de 10 000 familles de producteurs laitiers et plus de 89 000 emplois connexes, principalement dans des régions rurales.

Qu’il s’agisse de mécaniciens, de vétérinaires ou d’emplois dans des quincailleries, des fromageries ou des meuneries, cette activité économique liée à la production laitière permet à des villages et à des régions de continuer à vibrer et d’offrir des services, remplir les écoles et maintenir des commerces en vie. Supporter notre agriculture canadienne, c’est supporter la vitalité de nos communautés rurales.

J’ai toujours trouvé que notre système de production de lait était une forme de commerce équitable. Lorsqu’on achète du café ou du chocolat équitable, nous contribuons au développement durable des communautés d’où proviennent ces denrées. Les producteurs touchent un prix équitable. Le système de gestion de l’offre au Canada a les mêmes objectifs d’équité. La seule différence est que les communautés touchées sont celles de chez nous.