le Vendredi 5 juin 2026
le Mercredi 12 février 2025 11:10 Éducation

Y a-t-il un vétérinaire dans la salle?

La profession de technicien vétérinaire offre de belles perspectives de placement en Ontario.
La profession de technicien vétérinaire offre de belles perspectives de placement en Ontario.

Bon an, mal an, le Collège Boréal diplôme une vingtaine de techniciens vétérinaires qui sont appelés à appuyer le travail des vétérinaires partout en province, en clinique ou sur le terrain. Or, le nombre de finissant est loin de suffire à la demande. À quoi doit-on attribuer cet apparent manque d’intérêt pour la profession?

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Kiana McFadden-Houle estime que les techniciens en soins vétérinaires sont en demande dans la povince.

Le travail en technique vétérinaire va bien au-delà de la castration du chat ou de soigner la patte cassée du toutou un peu trop aventurier. Le travail implique une connaissance des animaux exotiques, ainsi que des animaux de ferme. Évidemment, un ou une technicienne peut préférer traiter les animaux domestiques dans le confort d’une clinique privée; mais pour d’autres, l’attrait de prodiguer des soins à un cheval, une vache ou une chèvre est irrésistible.

Plus de demande que d’offre

Le Collège Boréal offre une formation en technique vétérinaire à ses campus de Sudbury et d’Ottawa. Et comme dans n’importe quel domaine, on compte plus d’appelés que d’élus, indique Kiana McFadden-Houle, gestionnaire au programme de Techniques des soins vétérinaires: « Habituellement, on compte une quarantaine d’inscriptions pour la première étape, et ce nombre passe à 24 à la seconde étape. C’est aussi plus ou moins le nombre de diplômés », dit-elle.

La gestionnaire estime que la profession fait face à un nombre croissant de postes à combler partout en province, et pas seulement dans les soins aux animaux de ferme. Il peut y avoir plusieurs raisons pour lesquelles certains vétérinaires ont de la difficulté à combler des postes.

« Les techniciens en soins vétérinaires ont parfois des rôles combinés qui impliquent des responsabilités diverses », précise Mme McFadden-Houle. « C’est un travail très exigeant dans un domaine auto réglementé. » Par ailleurs, on compterait peu de vétérinaires pratiquant dans le Nord de l’Ontario, ce qui rend la pratique de stage en milieu de travail moins accessible.

Épuisement

Interrogé par Agricom, l’Association des techniciens vétérinaires de l’Ontario (ATVO) dit avoir constaté des symptômes d’une surcharge de travail chez certains de ses membres. Un récent sondage indique que près de 36% des membres répondants avaient ressenti une forme d’épuisement professionnel au cours des 12 mois précédents; près de 47% ont déclaré avoir envisagé de quitter la profession et un peu moins de 39% ont indiqué avoir quitté leur lieu de travail en raison d’un épuisement professionnel ou d’un stress lié au travail. 40% estiment travailler plus de 40 heures par semaine.

Curieusement, ce portrait sombre n’a pas empêché l’ATVO de connaître une croissance constante du nombre de ses membres. Depuis 2020, l’association a connu une augmentation de 32,5% de techniciens vétérinaires, dont le nombre actuel est de 4 789. Les données du sondage révèlent que la majorité d’entre eux travaillent dans le Sud et le Centre de la province.

Une majorité écrasante pratique la médecine vétérinaire auprès de petits animaux, tandis que le plus petit pourcentage des répondants oeuvre auprès des gros animaux.

Au cours des dernières années, l’organisme a sensibilisé les étudiants du secondaire au métier de technicien vétérinaire en participant à diverses initiatives, dont des foires. L’Association se dit consciente des mesures fédérales pour limiter le nombre d’étudiants immigrants qui seront reçus au Canada, mais ne se dit pas en mesure de commenter. 

Par contre, l’ATVO espère que la nouvelle loi sur les professions vétérinaires, votée en juin 2024, conduira à une plus grande satisfaction au travail pour ses membres, en leur permettant de pratiquer « dans toute l’étendue de leurs capacités ». L’Association désire continuer à plaider en faveur de nouvelles réglementations qui permettront aux techniciens vétérinaires d’utiliser l’ensemble de leurs compétences et de leur formation dans les cabinets vétérinaires à travers la province.

IJL – Réseau.Presse – Agricom