Le Collège La Cité a accueilli, du 21 au 23 juin, la conférence annuelle et l’assemblée générale de l’Association des programmes de diplômes en agriculture du Canada (APDAC). L’événement a réuni des représentants d’établissements collégiaux de partout au pays afin d’échanger sur les défis et les réalités de la formation agricole.
Chaque année, la conférence se tient dans un établissement différent offrant un programme de diplôme en agriculture. Les rencontres permettent aux membres de faire le point sur les activités de l’association, de discuter des enjeux communs et de partager des pratiques pédagogiques.
L’un des principaux thèmes abordés cette année concernait l’accueil et l’accompagnement des étudiants provenant de milieux non agricoles. « Toutes les institutions vivent cette réalité. Certains étudiants arrivent avec un bagage important parce qu’ils ont grandi sur une ferme, tandis que d’autres n’ont jamais été en contact avec l’agriculture », explique Nadia Carrier, coordonnatrice des programmes en techniques agricoles à La Cité.
Les responsables de programmes agricoles à travers le pays, en tenue de rigueur pour visiter la ferme Marseni, à Casselman.
Selon elle, le défi consiste à offrir un accompagnement adapté à chacun, en permettant aux étudiants moins familiers avec le secteur d’acquérir rapidement les connaissances de base, tout en maintenant l’intérêt des étudiants plus expérimentés.
Pour Simon Lachance, lui aussi coordonnateur du programme Techniques agricoles, cette diversité représente également une occasion. « Il est important de s’assurer que les gens que l’on forme répondent aux besoins de l’industrie et se familiarisent avec le domaine même s’ils ne proviennent pas du secteur. Il faut qu’ils se sentent intégrés et bienvenus. Notre rôle est de les accompagner et de leur donner les outils nécessaires pour développer leur réseau », souligne-t-il.
« Parler d’agriculture dans les écoles urbaines »
Les participants ont aussi constaté que l’intérêt pour l’agriculture et l’agroalimentaire dépasse aujourd’hui largement le milieu rural traditionnel. « On réalise qu’il faut aussi parler d’agriculture dans les écoles urbaines. Il y a encore la perception qu’il faut venir d’une ferme pour étudier dans nos programmes, ce qui est complètement faux », ajoute Nadia Carrier.
À Saint-Isidore, la ferme Laviolette a dévoilé quelques secrets de production.
Au-delà de cet enjeu, les représentants ont échangé sur d’autres défis communs, notamment l’accès à des infrastructures agricoles et leur financement. Plusieurs établissements doivent composer avec les coûts élevés liés à l’entretien et à la modernisation des installations de formation.
Les discussions ont également porté sur l’accompagnement individualisé des étudiants et sur le développement de compétences transversales, comme l’organisation du travail, l’autonomie ou la recherche d’information. La question de l’intelligence artificielle en enseignement fait aussi partie des réflexions actuelles dans plusieurs établissements.
En marge des rencontres, les participants ont visité plusieurs entreprises agricoles partenaires de La Cité, dont la forêt Larose, la ferme avicole Laviolette à Saint-Isidore, la Fromagerie St-Albert, la ferme Marseni à Casselman et la Ferme d’Orléans. « Nous voulions présenter des entreprises qui collaborent avec nos programmes et montrer la diversité de l’agriculture de la région », précise Nadia Carrier.
Pour les participants, ces visites illustrent l’importance de maintenir des liens étroits avec l’industrie afin d’offrir une formation répondant aux besoins réels du secteur agroalimentaire canadien.