le Samedi 18 juillet 2026
le Mercredi 29 octobre 2025 11:14 Environnement

Quand la pluie est back order, le prix du soya grimpe

Un sol aride soulève des nuages de poussière sous les roues de la moissonneuse-batteuse.  — S Zafran, Pexel
Un sol aride soulève des nuages de poussière sous les roues de la moissonneuse-batteuse.
S Zafran, Pexel

Nombreux sont les agriculteurs qui s’arrachaient les cheveux de la tête en août, après plusieurs semaines d’un soleil aussi implacable qu’inhabituel.

Quand la pluie est back order, le prix du soya grimpe
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À moins d’habiter le sud-ouest ou le nord de l’Ontario où, au contraire, la pluie a transformé les champs de blé en étangs à quenouilles. 

« Le sud de l’Ontario a connu un déficit de précipitations atteignant 55 à 70% de moins que la moyenne pour cette période de l’année », explique Gérald Chang, météorologue à Environnement Canada. « De Toronto à Ottawa, on a reçu seulement 40 à 55% des précipitations moyennes habituelles. »

Pas la Niña

« C’t’encore la faute à El Niño », chantait Plume Latraverse. Pourtant, le phénomène météo n’est pas à blâmer, pas plus que La Niña d’ailleurs, ce phénomène climatique ayant pour origine une anomalie thermique des eaux équatoriales de surface de l’océan Pacifique central et qui affecterait présentement l’Amérique du Nord.

« La Niña est très faible et son influence reste très limitée sur les systèmes météorologiques observés. En fait, il n’y a pas d’explication à la période prolongée sans précipitations ayant affecté des régions du Québec et de l’Ontario. »

Par ailleurs, le nord et le sud-ouest de la province ont connu le phénomène inverse: de London jusqu’au sud du lac Huron, les précipitations ont été sensiblement à la hauteur des moyennes normales de saison, tandis que le nord (lac Supérieur, Thunder Bay, Cochrane, Kapuskasing) ont connu 40 à 55% plus de pluie que la moyenne pour ces régions.

« Dans leur cas, ce sont des systèmes orageux locaux qui se sont formés de manière aléatoire. Il n’y a eu peu ou pas d’influences de grands mouvements climatiques externes », indique le météorologue.

Martin Charlebois se réjouit de voir que les agriculteurs toucheront 30 cents de plus du boisseau de soya. 

MacEwen

Tout n’est pas perdu

Heureusement, tout n’est pas perdu pour les agriculteurs. Lundi matin, la bourse de Chicago annonçait un déblocage du soya aux États-Unis, avec une augmentation de 0.30 cents du boisseau, indique le gestionnaire de la commercialisation du grain pour MacEwen, Martin Charlebois.

« Je signe des contrats les uns après les autres ce matin, c’est fou », confie-t-il à Agricom. « Pour l’instant, tous les bateaux sont réservés pour le soya en novembre et décembre. On va commencer le maïs en janvier. »

Selon lui, les récoltes sont bien inférieures à l’an dernier en raison du manque de pluie au cours de l’été. « Le soya, on parle de 300 kilos à la tonne de moins, ou une tonne à l’acre de moins qu’en 2024. La récolte est pas mal terminée. Pour le maïs, on a peut-être 20% de récoltes de faites dans le sud-ouest et là aussi, on parle d’une tonne à l’acre de moins que l’an dernier. »

Son conseil aux agriculteurs: si vous avez besoin de liquidité, vendez maintenant, sinon entreposez pour des gains futurs en 2026, les prix vont probablement monter au printemps », dit-il.

Kelley Allen constate une diminution des récoltes atteignant 50 % par endroit. 

Uniag

Conseiller en cultures à la Coop Uniag, Kelley Allen dit avoir constaté des rendements 50% inférieurs à l’an dernier en ce qui concerne la récolte de soya. « Souvent, les gousses de trois fèves en contiennent deux bonnes et la troisième, trop petite, est rejetée par la moissonneuse. Le maïs, on voit 3,5 ou 4 tonnes l’acre au lieu de 5 à 6. »

Son conseil pour l’an prochain: « Diversifiez. L’étoile montante, présentement, est le blé d’hiver qu’on peut protéger par une assurance-récolte. En cas de perte, le remboursement pourra servir à acheter du soya. Ajoutez du seigle et de l’orge pour varier et augmenter vos rendements. Fertiliser au moins autant qu’en 2025, plus un petit extra. Le fertilisant, c’est comme de l’argent en banque: il ne faut pas en retirer plus qu’on en a », prévient le spécialiste.

IJL – Réseau.Presse – Agricom