le Vendredi 24 juillet 2026
le Jeudi 23 juillet 2026 16:59 Portrait d'entreprise

Avec Dubois Farm, le maraîchage a sa place dans le Nord

  PHOTO : COURTOISIE
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À Hearst, Karl et Joanna Dubois ont transformé un rêve d’enfance en une entreprise maraîchère florissante. Le couple mise sur une vingtaine de légumes, des pratiques inspirées du bio et un lien direct avec les consommateurs.

Avec Dubois Farm, le maraîchage a sa place dans le Nord
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Lorsque Karl Dubois a acheté son terrain à Hearst alors qu’il était encore aux études, il ne se doutait pas que ce rêve d’enfance deviendrait un jour une ferme maraîchère bien connue dans sa communauté. Avec son épouse Joanna, il dirige aujourd’hui Dubois Farm, une entreprise qui cultive entre 20 et 25 variétés de légumes et attire chaque semaine une foule de consommateurs à son marché.

L’aventure agricole du couple a commencé en 2012 avec un troupeau de moutons. « C’était pas mal un rêve d’enfance », raconte Karl Dubois. « Ma femme m’a toujours soutenu là-dedans. »

Pendant plusieurs années, l’élevage ovin a été au cœur de l’entreprise. Mais en 2018, les Dubois ont commencé à diversifier leurs activités en cultivant des légumes. Rapidement, cette nouvelle production a pris une place de plus en plus importante.

« On a pris la décision de se concentrer sur les légumes parce que la marge de profit était meilleure », explique le producteur. L’élevage représentait aussi un défi logistique important dans le Nord de l’Ontario. « Il n’y a pas d’encan proche et l’abattoir est à trois heures de route. »

Aujourd’hui, Dubois Farm s’étend sur environ trois acres de cultures maraîchères. Dans les serres poussent des tomates, concombres et poivrons, tandis qu’en plein champ, le couple cultive notamment des carottes, laitues, haricots verts et autres légumes adaptés au climat nordique.

Dubois Farm cultive notamment des carottes, laitues, haricots verts et autres légumes adaptés au climat nordique.

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Bien que la ferme ne soit pas certifiée biologique, Karl et Joanna Dubois cherchent à adopter des pratiques respectueuses du sol. « On utilise le moins d’engrais possible », précise Karl Dubois. « On met surtout du fumier de poule en granules et de la luzerne en granules pour améliorer le sol. »

Cette approche demande une attention constante, surtout dans une région où la saison de croissance est courte. Les gels peuvent survenir aussi bien en juin qu’à la fin du mois d’août, limitant considérablement la période de production.

Marché hebdomadaire

Cette année, la météo a ajouté son lot de complications. « Au printemps, on a eu beaucoup de pluie, ensuite il a fait très chaud, puis on a encore eu beaucoup de pluie », raconte le producteur. « Certaines planches sont dans l’eau dans les allées. »

Malgré ces défis, Hearst offre aussi des avantages pour les maraîchers, notamment des terres plus abordables et des précipitations généralement suffisantes pour soutenir les cultures.

Pour vendre leurs produits, les Dubois ont choisi de miser sur la vente directe. Au départ, ils écoulaient leurs légumes à partir de leur maison. Mais devant l’affluence grandissante, ils ont dû trouver un nouvel emplacement. « Il y avait tellement de gens qui venaient à la maison que ce n’était plus vraiment possible », explique Karl Dubois.

Dans les serres poussent des tomates, concombres et poivrons.

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Le couple organise désormais un marché une fois par semaine, où les consommateurs peuvent acheter des légumes frais directement du producteur. Et le succès est au rendez-vous : « On réussit souvent à vendre tous nos produits en une heure et demie ou deux heures. »

Pour Karl Dubois, cette proximité avec la clientèle est essentielle. « Ça permet d’éliminer l’intermédiaire. Je peux fixer mon prix et recevoir directement la valeur de mon travail. »

Sur la ferme, les tâches sont partagées selon les forces de chacun. Joanna s’occupe principalement de la partie horticole, notamment dans les serres, tandis que Karl veille aux poulets de chair et aux travaux extérieurs.

Les propriétaires de Dubois Farm ne comptent pas s’arrêter là. Ils prévoient l’installation d’une nouvelle serre afin d’augmenter légèrement leur production. « Ça va probablement être le maximum qu’on peut faire à deux », reconnaît Karl Dubois. Une expansion plus importante nécessiterait l’embauche d’un ou deux employés.

Malgré les défis du métier, ce qui le passionne le plus demeure la diversité du travail agricole. « On ne fait jamais la même chose. Il y a toujours quelque chose de nouveau à faire, et c’est ça qui est motivant. »