Production biologique

JK Gardens : en harmonie avec la nature


Jean Génier et son épouse Kathy de JK Gardens. Photo : Gracieuseté JK Gardens.

Par Julyen Renaud, journaliste

À quelques kilomètres de Cochrane, dans le nord de l’Ontario, Jean Génier et son épouse Kathy cultivent la terre ancestrale de la famille Génier. Depuis qu’ils ont repris la terre du grand-père de Jean, le couple travaille d’arrache-pied afin d’offrir aux consommateurs de leur région des produits frais, cultivés sans pesticides, sans herbicides et sans engrais chimiques. Pour eux, l’agriculture biologique représente un mode de vie, une passion et un partenariat avec la nature.

Jean « John » Génier et son épouse Kathy ne sont pas des néophytes ; Jean a été élevé sur une ferme laitière (celle-là même qu’il exploite aujourd’hui) et Kathy détient un diplôme en agriculture. « Mon arrière-grand-père, relate Kathy, avait l’une des plus grandes opérations serricoles en Ontario, à London. »

Après 25 ans d’absence, John et Kathy sont revenus en mai 2010 sur la terre des Génier. « Quand nous sommes revenus dans la région, nous sommes revenus habiter sur la propriété de John […], où son grand-père, Pépère Génier, s’est établi en 1922 ou 1923 […], il y a donc environ 100 ans. »

Un mode de vie

Les Génier exploitent à peine 12 acres et n’ont jamais fait autre chose que de l’agriculture biologique. « Nous avons toujours cultivé biologique, ce n’est pas à débattre. Nous ne croyons pas en la consommation de pesticides. Nous avons un verger d’environ deux acres, ce qui inclut l’autocueillette des camerises, des framboises, des baies d’amélanchier, des cerises de Virginie, de la rhubarbe et des griottes. Nous avons une serre de 120 pieds par 20 pieds », explique Kathy. Ils font aussi leurs semis eux-mêmes et ont un énorme potager dans lequel on retrouve « pratiquement toutes les sortes de légumes qui peuvent pousser dans la région ».

Une partie des tomates de JK Gardens. Photo : Gracieuseté JK Gardens.

Aux yeux de Jean Génier et de son épouse, ce n’était pas un choix de cultiver biologique. « C’est un mode de vie que nous avons toujours eu. »

Le couple du Nord ontarien est occupé. En plus de leur exploitation maraîchère, les Génier ont aussi des animaux. « Nous sommes en train de commencer un petit troupeau de bovins Dexter irlandais », continue Kathy. « Nous avons deux chevaux, nous avons des poulets de chair, des poules pondeuses, des chats et des chiens. »

Les défis du co-voisinage

La vie n’est pas toujours facile pour les producteurs biologiques. En effet, c’est la responsabilité du producteur de prouver qu’il n’utilise pas d’engrais chimiques ou de pesticides dans ses cultures. « Ce qui nous met tellement en colère, c’est que nous devons prouver que nous sommes biologiques et que nous n’utilisons pas de pesticides. Mais, à nos yeux, nous devrions pouvoir affirmer que nous sommes biologiques et ça devrait être aux autres de dire pourquoi ils utilisent des pesticides sur leurs légumes. »

JK Gardens était autrefois certifié biologique avant qu’un incident ne survienne avec l’un de leurs voisins. Ce voisin a utilisé des pesticides ou herbicides sur ses champs en grandes cultures lorsque le vent soufflait en direction de la ferme de Jean et Kathy, une pratique pourtant déconseillée lors de vent. Ainsi lorsqu’ils ont fait tester leurs produits chez Agriculture Canada, des pesticides ont été détectés et les Génier ont perdu leur homologation. « Nous avons perdu notre certification et [notre voisin] n’a subi aucune conséquence pour ses actions », dit avec tristesse Mme Génier.

Le couple n’envisage pas pour l’instant de refaire les nombreuses démarches pour retrouver leur certification, bien que les méthodes de culture de JK Gardens ne changeront pas et que faire pousser des légumes biologiques demeure leur seule motivation.

Favoriser la biodiversité

Chez JK Gardens, on souhaite encourager la biodiversité. « Nous avons planté environ 500 arbres sur la propriété. Nous tentons ainsi de créer des microclimats, de freiner les vents… On ne peut pas changer l’endroit où l’on habite, mais on peut certainement essayer d’aider à créer un meilleur climat. » Le couple construit d’ailleurs des nichoirs pour encourager les merles et les hirondelles et met en place des protections pour les abeilles bien conscient de l’apport bénéfique de la cohabitation de ces espèces.

Jean Génier et son épouse Kathy sont heureux de partager leur passion pour l’environnement et l’agriculture biologique. Ce n’est pas pour l’argent, mais bien par passion qu’ils cultivent leur terre. « Je préférerais que tout le monde fasse pousser quelque chose, que les gens puissent comprendre et en apprendre davantage à propos des défis et des joies de faire pousser leurs propres fruits et légumes. » Chose certaine, les Génier aiment toujours recevoir des gens à la ferme et accueillir des bénévoles. Jean et Kathy seront donc heureux de partager leur passion avec vous !

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