Santé mentale: un virage

Depuis cette année, la section ontarienne de l’Association canadienne pour la santé mentale (ACSM) en partenariat avec la Fédération agricole ontarienne (AFO) offre gratuitement de l’aide en santé mentale pour les agriculteurs et leur famille. Une ligne d’écoute disponible dans les 2 langues officielles prend les appels 24/7 pour diriger les appelants vers des ressources.

L «Initiative pour le bien-être des agriculteurs-trices » est programme qui offre de la psychothérapie par téléphone, via le web ou en personne selon chacune des situations. Kristien Barnes, directrice des opérations chez l’ACSM explique que « traditionnellement, il y a eu un manque d’accès. Alors même si les gens étaient prêts à parler, ce n’était pas clair où ils pouvaient aller. Plusieurs régions ne sont même pas desservies un médecin. L’accessibilité est un enjeu. Il y a une fenêtre qui s’ouvre quand les gens sont prêts, et s’il n’y a personne, la fenêtre d’opportunité va se refermer.»

« Une autre chose dont je suis fière c’est que nos programmes sont offerts en français et en anglais, et pas via un traducteur. Ils sont offerts par des francophones » souligne Kevin McGregor directeur des programmes ontariens de l’ACSM.

Un changement des mentalités

« Il y a un stigma associé à la santé mentale. Le milieu des agriculteurs n’y fait pas exemption. Il y a une pression de ‘’pull-up-your-bootstraps’’ et de travailler plus fort.»

Kristen Barnes directrice des opérations ontariennes de l’ACSM

Pour la directrice des opérations, ce vent de changement est parti de l’université de Guelph. En 2016, l’université a sondé les travailleurs du milieu agricole pour évaluer leur santé mentale. Les résultats choquants ont rapidement fait le tour de la province. Ce sondage a illustré les enjeux que les gens rencontraient tous les jours, comme le stress et l’anxiété.

Pour elle, cette étude à démontrer aux agriculteurs que ce qu’ils expérimentaient n’était pas due à un « déficit individuel ». Mais que la structure du monde agricole fait en sorte que les agriculteurs vivent énormément de pression.

Elle affirme que la réponse est très positive quand elle approche les organisations agricoles. Pour le directrices des opérations, lorsqu’elle approche les regroupements d’agriculteurs, la réception est bonne et les gens reconnaissent qu’il y a un besoin.

« Ce que nous observons, c’est que les gens en parlent plus, parce qu’il y a un espace pour en parler et pour y aller [chercher des soins] » affirme Madame Barnes.

Autres programmes

Le chapitre ontarien offre aussi d’autres programmes comme « Living the full ». Le programme de groupe offre une façon alternative de prendre soin de sa santé mentale. Le but de ce programme est de reconnaitre les problèmes personnels de chaque individu et de découvrir des outils pour s’aider.

« C’est de réaliser que peut-être qu’on ne va pas si bien que ça» précise Kevin McGregor.

Son petit frère, « Bounceback » est basé lui aussi sur les principes de thérapie cognitive comportementale, mais se fait individuellement.

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