le Mercredi 17 juillet 2024
le Mercredi 6 décembre 2023 11:48 Technologie agricole

L’initiative FAIRR: pour une agriculture verte

Dr Lucrezia Tincani, responsable des programmes politiques de l'Initiative FAIRR
Dr Lucrezia Tincani, responsable des programmes politiques de l'Initiative FAIRR
Savez-vous que la production agricole industrielle représente plus d’un tiers de toutes les émissions mondiales de gaz à effet de serre ? Parmi ce tiers, 14,5 % des GES sont émis par la production animale industrielle. Afin de diminuer ces polluants, 18 milliards de dollars ont été investis dans une feuille de route dirigée par l’initiative FAIRR qui sera présentée lors de la COP28 à Dubaï du 30 novembre au 12 décembre 2023.
L’initiative FAIRR: pour une agriculture verte
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Créée en 2015 par la Fondation Jeremy Coller, l’initiative: Risque et rendement des investissements dans les animaux d’élevage (FAIRR) est un réseau d’investisseurs comptant plus de 400 membres. « Basé sur le principe de Pareto, FAIRR se concentre sur la partie du secteur alimentaire et agricole mondial qui présente les risques financiers et les impacts environnementaux les plus importants : la chaîne d’approvisionnement en protéines animales », explique Dr Lucrezia Tincani, responsable des politiques à FAIRR à Andover, une ville du Massachusetts.

« Nous nous attendons à ce que la feuille de route constitue une étape importante une fois annoncée », poursuit Dr Lucrezia Tincani. « Actuellement, l’impact de l’agriculture animale intensive est sous-représenté dans les efforts d’engagement contre le changement climatique, malgré son rôle crucial dans la transition mondiale vers zéro émission nette d’ici 2050. De nombreux pays ne parviennent toujours pas à inclure des stratégies et des objectifs globaux pour le secteur agricole. »

L’élevage industriel cause la déforestation, la perte de la biodiversité ainsi que la surutilisation de l’eau. L’agriculture animale, quant à elle, compte pour 14,5 % des émissions de GES qui représente une pollution plus élevée que celle du secteur des transports. Elle affecte, également, la santé des animaux et des humains par l’usage irresponsable d’antibiotiques. « Nous approchons rapidement d’une « ère post-antibiotique », dans laquelle les opérations de routine ne seront plus possibles et de nombreuses maladies et infections ne seront plus traitables. Cette situation alarmante est due à l’augmentation des bactéries résistantes aux antibiotiques causée par l’utilisation irresponsable et la surutilisation des antibiotiques chez les humains et les animaux », précise le site web Intentional Endowments Network. « Plus de 70 % du total des antibiotiques vendus dans le monde sont administrés aux animaux, c’est donc l’industrie de l’élevage qui est aux commandes en matière de résistance aux antimicrobiens », affirme Dr Lucrezia Tincani.

Due à une population de plus en plus croissante, l’agriculture est devenue intensive et excessivement polluante. Des alternatives et des solutions existent, mais doivent être reconnues et intégrées dans une vision à court et à long terme. L’agriculture, indispensable à la survie humaine, doit innover et trouver de nouvelles façons de faire afin de continuer à nourrir le monde.

IJL – Réseau.Presse – Agricom