le Lundi 6 juillet 2026
le Mercredi 15 octobre 2025 14:12 Technologie agricole

La Cité: innover pour nourrir plus, polluer moins

Représentation de l'une de deux unités de culture de plantes, incluant des installations de culture verticale à l'extérieur du Collège.
Représentation de l'une de deux unités de culture de plantes, incluant des installations de culture verticale à l'extérieur du Collège.

Les entreprises qui ont à cœur de développer l’agriculture en serre et verticale pour permettre aux communautés de régions comme le Nord de l’Ontario font face à divers défis qui peuvent nécessiter une somme considérable d’efforts et d'investissement en recherche et développement.

La Cité: innover pour nourrir plus, polluer moins
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Grâce, entre autres, à une subvention de plus de 700 000$ octroyée par la Fondation canadienne pour l’innovation (FCI), le Collège La Cité a donné le feu vert au projet d’expansion d’InnovaCité BIOlab, son centre de recherche appliquée spécialisé en biotechnologie industrielle, agricole et de la santé. Le BIOlab renforce ainsi sa capacité à soutenir des innovations en agriculture intelligente et en production alimentaire durable.

Selon Marc-Antoine Benglia, le mandat du BIOlab est de trouver des solutions pour produire mieux, à moindre coût et de manière plus rapide et efficace. 

Infiniment petit

« Nous travaillons avec la communauté à développer les technologies et le savoir-faire qui accompagnent les entreprises dans leurs projets », explique Marc-Antoine Benglia, directeur d’InnovaCité.  « Contrairement à la recherche universitaire concentrée sur la recherche fondamentale, notre mandat en recherche appliquée est de soutenir les entreprises partenaires pour trouver des solutions pour produire mieux, à moindre coût et de manière plus rapide et efficace. »

Ainsi, le financement permettra l’acquisition de deux unités de culture de plantes, incluant des installations de culture verticale à l’extérieur du Collège, ainsi que de bioréacteurs parallèles de 3 à 15 litres. 

« Ces installations permettront de produire et de tester des microorganismes bénéfiques capables de stimuler la croissance des plantes, tout en réduisant l’utilisation d’engrais et de pesticides », explique Dre Michelle Bamji-Mirza, gestionnaire d’InnovaCité-BIOlab. « Elles serviront aussi dans le développement de procédés de fermentation à plus grande échelle pour des aliments novateurs, comme les protéines laitières de nouvelle génération. »

Concrètement, les installations actuelles permettent de démarrer des projets de recherche dans des bioréacteurs d’un litre et moins (essentiellement, une bouteille de verre dans laquelle se font les cultures bactériennes). Mais il est nécessaire de passer par des bioréacteurs dits de taille moyenne, soit de trois à quinze litres, pour passer à un niveau supérieur d’optimisation avant l’industrialisation. Le projet vient combler ce vide.

Michelle Bamji-Mirza indique que les bioréacteurs doivent notamment réduire l’utilisation d’engrais et de pesticides. 

Renommée

« La Cité a déjà acquis une réputation de leader au pays et même à l’international dans ses domaines de recherches et ces acquisitions viendront s’ajouter à notre expertise reconnue en culture de plantes in vitro notamment », souligne Michelle Bamji-Mirza. 

Grâce à cette expansion, le BIOlab pourra accompagner davantage d’entreprises chaque année dans le domaine de la technologie agricole (AgTech). De plus, une vingtaine de stagiaires issus des programmes de Baccalauréat spécialisé en biotechnologie et de Techniques agricoles du Collège La Cité obtiendront une formation concrète en recherche appliquée, directement liée aux besoins du secteur. 

« L’avantage de cette technologie est qu’elle permet, à terme, de développer par exemple des protéines animales sans avoir à les obtenir d’un animal vivant », précise Dre Bamji-Mirza.

La gestionnaire reconnaît que dans le domaine de la recherche et du développement, le coût des matériaux, la possibilité de contamination croisée et le facteur temps sont autant de défis auxquels son équipe et les étudiants sont confrontés. D’où l’importance d’appliquer les standards les plus élevés.

« Notre but est de répondre aux besoins des entrepreneurs de nourrir durablement une population en croissance, tout en réduisant l’impact environnemental de l’agriculture », conclut Marc-Antoine Benglia.

Un choix réfléchi

La Fondation canadienne pour l’innovation (FCI) explique son choix du projet de La Cité en soulignant que des experts indépendants évaluent toutes les propositions de projets en fonction de leur potentiel à apporter de réels avantages aux communautés, et cette contribution d’experts guide ses décisions de financement.

« L’innovation issue de ces partenariats de recherche doit répondre aux besoins sociaux, commerciaux, sanitaires ou environnementaux d’une industrie ou d’une collectivité canadienne », indique le FCI à Agricom. « Elle devrait mener à la création ou à l’adaptation de connaissances et de technologies pour développer ou améliorer un produit, un procédé ou un service. Ce projet a été sélectionné selon le rigoureux processus d’évaluation au mérite de la FCI, structuré pour garantir l’équité et l’excellence. »

IJL – Réseau.Presse – Agricom