Volume 36-Numéro 11 - Le 29 mars 2019

Tendances économiques pour 2019


Les tendances économiques du côté agricole pour 2019.

Par Roxanne Lormand
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Suite au nouvel accord ACEUM, Agricom a voulu connaître les tendances économiques à venir pour les prochains mois. Nous avons donc rencontré M. Jean-Philippe Gervais, vice-président et économiste en chef à Financement agricole Canada.

Tout d’abord, l’accès au financement pour les producteurs de la part des institutions financières n’éprouvera selon lui aucun changement à cause du nouvel accord ACEUM.  Il reste évidemment encore certains aspects à déterminer, mais qui ne devrait pas influencer. L’accord n’étant pas ratifié il vaut mieux selon lui attendre de voir qu’il soit mis en place. «Le nouvel accord aura un impact sur le volume de production, mais le mode de croissance devrait atténuer cette réduction de volume.» Probablement peu de changements peuvent être attendus d’ici 2020.

La valeur du dollar canadien a aussi un impact; plus la valeur est basse, plus le prix du dollar américain en canadien est élevé, il ne faut pas le cacher, et cela a un impact. Il faut donc essayer d’en profiter pour développer des habiletés pour faire d’autres investissements qui pourraient mieux rapporter à long terme. Ce sont là des aspects indépendants de l’accord.

Ensuite depuis le début de l’année, le surplus de lait écrémé dans le milieu de la production laitière est vendu à des prix très bas selon le marché américain.  «Une partie des revenus des producteurs est ainsi en conséquence selon le prix américain qui peut fluctuer.» note M. Gervais.  «Le prix diminue depuis quelques années à cause de ce surplus et le prix américain s’ajuste tranquillement à la hausse indépendamment de l’accord.»

Par rapport au guide alimentaire et à sa sortie controversée pour les aliments protéinés, les gens continuent à consommer quand même beaucoup de produits laitiers. Le yogourt, le fromage et la crème sont en forte croissance contrairement au lait liquide.  Pourquoi ? La consommation de café s’accroit au pays et demande plus de crème et de matières grasses. «À court terme il devrait y avoir peu impact, soutient Jean-Philippe Gervais, car les consommateurs veulent toujours se procurer ces produits, mais ce sera à voir à long terme.»  À surveiller aussi à long terme si les fromages étrangers qui entreront sur le marché canadien auront un impact. Pour l’instant impossible de le savoir. «Pour les producteurs laitiers plus spécifiquement, selon le spécialiste, on s’en va vers un contexte plus certain, maintenant que l’accord est fait.»

La croissance a été énorme pour répondre à la demande, surtout dans les quatre dernières  années de 2014 au début de l’année 2018. On a par conséquent ouvert les valves pour contribuer à cette demande. Mais en 2018 on a vu que la croissance est encore bonne, mais que nous avions un léger surplus qui commençait.  Donc le mode de croissance est toujours présent comparé aux années 2014 à 2017, mais moindre. 

Du côté de la production de protéines animales comme le porc, le bœuf, le poulet ou les œufs, la consommation demeure très forte par habitant. «Le poulet de chair et la demande pour les œufs sont à la hausse, une augmentation de 5% peut-être est encore à prévoir pour l’année.» nous a confié le spécialiste. La viande rouge est en stabilité par habitant, mais comme la population augmente, on voit une augmentation quand même de la consommation.  Malgré le nouveau guide alimentaire et les campagnes de sensibilisation, la protéine animale garde encore sa place dans l’alimentation des Canadiens jusqu’à maintenant.

De plus, les institutions financières vont quant à elles, continuer à évaluer la capacité de remboursement des demandeurs de prêts, peu importe les facteurs entourant les nouvelles réalités pour 2019.  «Pour l’instant il n’y a rien de changer.  On regarde les taux d’intérêt et également la capacité de l’entreprise à pourvoir être efficace. La valeur des quotas est plafonnée et ne va probablement pas descendre»  selon le spécialiste.

Bref, on peut dire que l’année 2019 devrait s’appuyer sur le principe de croissance et de stabilité en général, peu importe le domaine de production.  

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