le Lundi 6 juillet 2026
le Mercredi 24 septembre 2025 10:36 Affaires

L’intelligence artificielle s’invite à la ferme

L'intelligence artificielle permettrait de réduire grandement les pertes à la ferme.
L'intelligence artificielle permettrait de réduire grandement les pertes à la ferme.

Peut-être sans vraiment le réaliser, la plupart des agriculteurs et éleveurs utilisent aujourd’hui une forme ou une autre d’intelligence artificielle.

L’intelligence artificielle s’invite à la ferme
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Du tracteur contrôlé avec un GPS au contrôle dynamique de l’éclairage d’une serre, l’IA s’immisce discrètement dans de nombreuses sphères agricoles.

Cependant, on est encore loin d’utiliser cette ressource technologique de pointe à son plein potentiel. Des spécialistes estiment qu’en traînant ainsi de la patte, les agriculteurs et éleveurs laissent des milliers de dollars sur la table, une manne pourtant bienvenue dans un contexte économique difficile.

Yves Millette estime que les agriculteurs et éleveurs ont intérêt à découvrir le potentiel de l’IA.

L’IA fait quoi?

« Il y a tellement d’applications possibles à la ferme », répond Yves Millette, PDG de Farm Business Consultants. « De la surveillance du bétail à la gestion des intrants, en passant par l’utilisation de drones ou l’accompagnement comptable, les entrepreneurs s’en servent pour réduire jusqu’à 30% les pertes d’intrants et augmenter leur marge de profit de 20% sur les produits livrés. »

Pour plusieurs, l’intelligence artificielle nous renvoie à la science-fiction, dans un monde où les humains sont dominés par les machines. Voilà une image bien alarmiste, croit M. Millette. 

« L’IA nous aide avec les tâches routinières qui prennent beaucoup de temps. Par exemple, on peut bien connaître sa terre, mais pas celle des voisins. Si je fais pousser du canola, j’entre mes données et l’IA peut générer des informations basées sur 1 000 fermes qui cultivent du canola. Je peux voir ce qui fonctionne bien et ce qui ne fonctionne pas. »

L’expert ajoute qu’en matière de fiscalité, l’IA peut baser ses recherches non seulement sur les données gouvernementales, mais aussi sur les décisions des tribunaux. « Par contre, il faut encore qu’un humain puisse prendre cette information, la valider et décider de ce qu’il en fera. Dans tous les aspects de l’assistance d’un agent IA, l’humain devrait se garder une place pour intervenir », dit-il.

François Roy-Moisan affirme que l’IA est un outil et non pas une fin en soi. 

Un choix?

Le PDG met en garde les entrepreneurs qui s’entêtent à éviter l’IA, souvent par manque de connaissances ou d’éducation sur le sujet. « Elle est déjà incorporée dans les équipements de ferme, même dans votre frigo. On ne peut pas l’éviter, elle est déjà là. Les autres entrepreneurs l’utilisent et génèrent de meilleures marges que ceux qui ne le font pas. »

Spécialisée dans l’éclairage de serres, Sollum Technologies intègre quotidiennement l’IA dans sa solution d’éclairage dynamique DEL. « L’éclairage joue un rôle essentiel dans la croissance des plantes et nous avons développé des capteurs qui mesurent l’éclairage pour moduler l’intensité et le spectre de la lumière en fonction de l’ensoleillement », explique François Roy-Moisan, cofondateur et chef des technologies de l’entreprise. 

Sa clientèle varie des producteurs en serre plus traditionalistes à ceux qui embrassent les nouvelles technologies. « Appuyé par des agronomes et horticulteurs en chef, notre rôle est de prendre ces serriculteurs où ils sont et de les amener deux pas en avant », dit-il.

Chaque serre est différente et requiert une approche particulière. M. Roy-Moisan estime que l’IA n’est pas encore prête à remplacer l’humain dans tous les aspects de l’agriculture en environnement contrôlé. « Cultiver reste un art. Le savoir-faire de chaque cultivateur est sa propriété intellectuelle, chacun a sa recette de succès différente de son voisin. L’IA est un outil qui complète le travail de l’agriculteur, il ne le remplace pas. »

Qui a peur du grand méchant IA?

La technologie évolue vite, mais l’homme d’affaires estime qu’il ne faut pas craindre l’IA, il faut plutôt l’apprivoiser. Pour sa part, Yves Millette ajoute que les agriculteurs et éleveurs canadiens sont parmi les gens d’affaires les plus tolérants au risque. Il existe toutefois un certain fossé générationnel entre ceux « qui ont toujours fait ça comme ça » et les jeunes qui embrassent facilement les nouvelles technologies. 

« Pas besoin d’être un expert », précise M. Millette. « Si vous pouvez lire les nouvelles, vous pouvez lire les données sur les nouvelles plateformes web simplifiées. »

IJL – Réseau.Presse – Agricom