le Mercredi 19 juin 2024
le Mercredi 26 avril 2023 10:13 Chronique

Le blé, je l’ai adopté!

Le blé met très peu de temps à germer.  — photo : Sandra Clément
Le blé met très peu de temps à germer.
photo : Sandra Clément
Quelques belles journées à la mi-avril et voilà, nos semis de blé sont complétés! Il y a quatre ans, je n’aurais jamais cru avoir autant d’affection pour cette culture.
Le blé, je l’ai adopté!
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Le blé, roi des céréales! C’est vrai, le blé a une valeur emblématique. Mais il s’agit d’une culture fragile et exigeante. Depuis une trentaine d’années, dans l’Est ontarien, il a presque complètement cédé sa place au maïs et au soya, deux cultures plus rentables.

Pourtant, il y a plusieurs bonnes raisons de cultiver du blé. Quatre ans après l’avoir introduit dans notre rotation, j’admets que je l’ai enfin adopté.

On sème notre blé en avril, dès que les champs sont suffisamment secs.

photo : Sandra Clément

En famille, nous avons fait le tour des points positifs et négatifs à cette culture. Elle demande un suivi constant pour prévenir le développement de toxines et – gros point négatif! – la récolte a lieu en août, en plein au moment où on a envie de profiter de l’été.

Le blé a l’avantage de nous permettre de répartir les travaux aux champs. Il est semé très tôt au printemps et récolté bien avant le soya et le maïs. Cela nous laisse tout l’automne pour faire pousser dans le même champ des engrais verts, qu’on appelle aussi cultures de couverture.

Ces ajouts dans la rotation brisent le cycle des maladies qu’il faut combattre avec des pesticides quand les mêmes cultures reviennent trop souvent dans le même champ.

Le blé n’attend pas les grandes chaleurs pour germer!

photo : Sandra Clément

Il y a quatre ans, après plusieurs recherches, discussions, lectures et conférences, sans oublier l’influence de nos filles qui étudient en agriculture, nous avons finalement décidé de nous lancer.

Un seul champ s’il vous plait!

J’ai dit à mon équipe: on s’essaie dans un champ seulement, au cas où on manquerait notre coup.

Mon mari et mes filles m’ont alors annoncé le choix du champ pour l’essai. Apparemment qu’eux, le blé, ça ne leur faisait pas peur.

Les bras croisés, les yeux qui me sortaient de la tête, je leur ai répondu : ben voyons! Vous auriez pu choisir une parcelle un peu plus petite! Vous avez choisi la plus grande!

« Mom, ça va être un beau champ de blé, comme dans les films! On va pouvoir avoir une session de photos de famille juste avant la récolte. Tu vas adorer! » Une fois de plus, mes yeux tournent dans leur orbite.

Ce premier essai s’est avéré un succès. Le blé fait maintenant partie de nos rotations pour y rester. Et ce n’est pas à cause de la session de photo familiale, qui elle aussi a été un franc succès!

Santé des sols

L’élément positif qui m’a le plus accroché est celui de la santé des sols, qui s’est améliorée en ajoutant le blé et les cultures de couverture à notre rotation.

En gros, le blé et les cultures de couverture améliorent la structure du sol, sa porosité et son aération. Les racines des cultures suivantes poussent plus facilement. De plus, le blé contribue à augmenter la biodiversité des micro-organismes dans le sol. Il laisse même un peu d’azote dans le sol quand ses racines se décomposent.

Il y a un dicton que j’aime bien : « Semer son bonheur, c’est récolter sa vie! »

Le blé que nous cultivons nous aide à pratiquer une agriculture durable. Notre exploitation agricole y gagne en stabilité, en équilibre et en santé économique. Le bilan environnemental de notre entreprise familiale s’améliore. Que du bonheur.

Dans mon prochain blogue, je vous parle des semis de maïs. Ça, ce n’est pas que du bonheur… c’est aussi du sport!

Sandra Clément est productrice de grandes cultures et mère de trois filles intéressées par l’agriculture à Embrum, dans l’Est ontarien.