le Vendredi 21 juin 2024
le Mercredi 22 mai 2024 12:13 Chronique

Si on semait, ma poule?

Après un printemps en dents de scie, les pousses commencent à se pointer le bout du nez.
Après un printemps en dents de scie, les pousses commencent à se pointer le bout du nez.
Ce printemps, les semis sont toute une aventure! Pleuvra ou pleuvra pas? Nous, on est toujours prêts, mais dame Météo, elle, s’amuse à jouer avec nos nerfs!
Si on semait, ma poule?
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En ajustant nos unités thermiques des semences, nos cultures auront de meilleures chances de croissance et de rendement.

L’an passé, la neige a pris son temps pour fondre, mais quand le printemps a décidé de prendre sa place, nous avons été choyés avec une grande fenêtre de beau temps qui nous a permis de faire les semis dans de parfaites conditions et dans un temps record. 

Cette année, c’est tout le contraire. Pourtant, l’hiver doux nous avait fait pressentir un début de saison hâtif.

Fin avril, tout juste après avoir débuté les semis de soya et de maïs, boom! Première crise de dame Météo, qui décide de faire pleuvoir. Nous v’la déjà arrêtés.

Deux jours après la pluie, le soleil est finalement ressorti. 

Mon mari: « On devrait peut-être aller donner un premier coup dans le rang à côté. Qu’est-ce que le radar dit? »

Moi: « Il semble y avoir quelques nuages, mais si c’est assez sec, ne perdons pas notre temps. On va travailler le terrain et si on est chanceux, par la fin de l’après-midi tu pourras semer! » 

Et c’est parti! On travaille le terrain, le vent s’y met et la poussière commence à monter! Eille, dis-moi pas qu’on va être capable de sortir le planteur et semer un peu de maïs!  

Lui: « Ça roule ma poule! Tu pourras préparer des lunches, on va semer à soir! » 

Le radar montre seulement quelques nuages, avec aucune apparence de pluie. 

Je prépare les lunches comme une poule pas de tête. Tout est prêt! Tout à coup, un grand bruit! Qu’est-ce que j’entends? Non, pas le tonnerre! Et voilà c’est reparti, il pleut, encore! Une autre crise de dame Météo!

Là, ça va faire! Je prends un grand, grand respir. Faut garder le moral! 

Le téléphone sonne: « Apportes-tu les lunches bientôt? » 

Moi: « Y mouille! » 

Lui: « Eh bien, dans le rang à coté, y mouille pas. Envoye ma poule, ça va rouler à soir! 

Moi: « Ok, si tu le dis! » 

Coudonc! Je commence à comprendre pourquoi il m’appelle « ma poule »! On dirait que je ne sais pas où donner de la tête!

Soulagement

C’est stressant comme ça, la saison des semis. Une chance qu’on a une belle équipe à la ferme. 

En cette troisième semaine de mai, on pousse enfin un soupir de soulagement. Mes filles ont pu préparer beaucoup de terrain, mon mari a pu semer beaucoup de soya et de maïs. Au moment d’écrire ces lignes (mardi 22 mai), ce n’était pas terminé. 

Au moins, je peux savourer la vue de nos premiers champs ensemencés, où les plantules se tiennent fièrement face au vent, en plein soleil. Une à une, chaque semence a été déposée dans le sol. Elle se retrouve à l’abri du soleil, dans l’obscurité. Mais bientôt, elle cherchera la lumière. Il faudra d’abord que le sol atteigne la bonne température et lui apporte de l’humidité. Elle se mettra à gonfler en absorbant de l’humidité, puis elle sortira de sa coquille pour germer. 

La croissance débute. Les racines s’enfouissent dans le sol et la pousse monte, monte, monte jusqu’à percer la surface du sol. C’est le même processus pour le soya. Cette petite pousse finira par devenir une tige de maïs abritant plusieurs épis. Pour le soya, ce sera un plant rempli de gousses. Fascinant, non? D’une semence bien protégée par son enveloppe surgit une nouvelle vie, partagée entre le sol sombre, humide et riche en nutriments et l’air libre, inondée de soleil et d’oxygène…