La ferme les tient occupées, mais il faut aussi trouver du temps pour sortir un peu!
Pourtant, elles disent oui. Oui à un avenir à la ferme. Oui à une vie qui ne connaît pas les congés fériés, ni les heures fixes, ni les week-ends relax dans un spa. Une vie où on se lève parce que le soleil se lève, et où on court souvent après le temps. Pas après les vaches (ça, c’est chez le voisin — pour qui nous avons une grande admiration.)
Elles restent, malgré les règlements qui changent plus souvent que la météo. Elles restent, même si l’une a déjà dit en riant: « J’vais avoir des enfants, un job, une ferme… Et peut-être une sieste en 2000 quelque, je ne sais pas quand! »
Mais elles le font quand même. Parce qu’elles y croient.
Elles savent que la ferme, ce n’est pas toujours joli comme on le démontre sur les réseaux sociaux. Que les photos de coucher de soleil dans le champ ne montrent pas le tracteur qui est resté pris, ni la poussière qui rentre dans les gilets et dans le nez. Elles savent que la paperasse doit être faite malgré l’envie d’être à l’extérieur, mais qu’elle donne parfois mal au cœur.
Elles savent aussi que tout coûte cher: la terre, les semences, le diesel, les pièces de machinerie. Que personne ne garantit que les récoltes vont suivre.
Malgré tout ça… elles choisissent de rester.
Il m’arrive de penser à la vie qu’elles pourraient avoir ailleurs. Un horaire de bureau, une climatisation, des souliers propres. Mais non. Elles veulent le vent, les grandes décisions à prendre sur un coin de table dans une shop, les camions, les tracteurs, les essais, les erreurs… et la satisfaction quand ça marche enfin.
Pendant que certains rêvent d’un chalet au bord de l’eau, elles rêvent d’un champ nivelé, de la belle météo pour rentrer dans les champs, d’une pluie juste assez douce et d’un bon marché pour écouler leur production. Chacun ses fantasmes, comme on dit.
La relève, elle est là. Elle est bien vivante. Elle est fière, compétente, et pas naïve. Nos jeunes savent ce qui les attend. Elles ne choisissent pas la facilité, elles choisissent le sens. Ça, ça vaut de l’or. C’est à nous, qui les guidons, de ne pas les lâcher. Même si le temps nous manque, il faut prendre le temps.
Alors à mes filles, et à tous les jeunes qui, comme elles, mettent les deux pieds dans la terre: merci. Merci de bâtir demain, un champ à la fois.
Si un jour la vie devient trop lourde, souvenez-vous qu’on a survécu aux pires tempêtes, aux pires rapports de taxes, et même aux réunions sur zoom pendant les études au loin. On va s’en sortir.
Avec un peu de poussière, mais beaucoup de fierté.
Justement, pour encourager cette relève, une belle occasion s’en vient, le 24 septembre. « Là où la relève prend racine », c’est une soirée cocktail et réseautage destinée à soutenir la campagne de financement pour offrir des bourses à des étudiant(e)s et entrepreneur(e)s francophones en agriculture de l’Ontario.
Un terreau fertile d’échanges, où l’expérience rencontre l’innovation, où les idées germent, et où les partenariats se créent pour soutenir concrètement l’éclosion des jeunes talents. C’est exactement ce que cette soirée vous propose.
Venez rencontrer des jeunes passionnés, comprendre leurs rêves, et leur offrir votre soutien. Ce sera aussi l’occasion de tisser des liens entre acteurs du milieu, d’élargir votre réseau, et de célébrer ensemble l’engagement envers une agriculture francophone vivante, forte et tournée vers l’avenir.
Joignez-vous à nous pour semer les graines d’un avenir agricole franco-ontarien florissant.
Ensemble, faisons grandir la relève… Là où elle prend racine.
Voici le lien: https://ucfo.s1.yapla.com/fr/event-70078.