Non, je n’étais pas partie en voyage! J’étais à la ferme, là où les journées vont toujours trop vite. On a beau reculer l’heure à la fin octobre, ça n’aide pas. J’étais en mode GO, ancrée dans mon monde agricole, là où je voulais mettre toute mon énergie.
Notre été a été très chaud, très sec. On aurait dit une saison en mode BBQ. Puis est arrivée la saison des récoltes. Go en mode GO.
La récolte de blé en août s’est bien déroulée. Go le nivelage ensuite avec le temps sec. Puis go la récolte de soya. Et go le maïs. Ah, le maïs… Pas évident cette année!
C’était sec tout l’automne, pis l’hiver est arrivé un mois d’avance. Tout allait bien jusqu’à ce que la neige décide de se pointer trop tôt. On se dit: bof, ça va fondre, c’est la première bordée. Eh bien, les jours passent et elle y est encore.
Là je vais vous dire: le temps qu’on est dans la récolte de maïs, j’aime mieux de la pluie et du temps humide que de la neige. Tout producteur vous dirait pareil.
La neige alourdit le maïs.
Pourquoi la neige retarde plus la récolte de maïs que la pluie?
Je vous l’explique.
La pluie, ça mouille le maïs et le plant, mais ça sèche quand le soleil revient. Cette année a été tellement sèche qu’il n’y avait même pas de boue pour salir la machinerie. L’eau de pluie était aussitôt absorbée dans le sol.
La neige, elle colle sur les épis, gèle, alourdit les plants. Une fois dans la moissonneuse-batteuse, ça fait une belle mixture de glace et de grains. Ça bloque, ça gèle ou ça brise.
Bref, la pluie nous ralentit, la neige nous arrête.
Alors oui, la neige nous a mis sur le slow motion forcé. On regarde nos champs de maïs enneigés comme on regarde un enfant qui dort trop longtemps: « c’est beau là… mais réveille-toi! »
On a quand même récolté. La fin était presque arrivée. Je me suis dit que même si la météo nous a retardés, je ne veux pas que ça s’arrête, j’aime trop la saison des récoltes.
Il nous restait une journée à récolter. Surprise: grosse brume, gros frimas. Et le soleil, on ne sait pas s’il va finir par se pointer le bout du nez! Coudonc, y’a-tu quelqu’un qui m’a entendu penser que je ne voulais pas que ça arrête?
Il faut profiter de chaque accalmie!
Bon, là y faut pas virer folle. J’ai une liste longue comme le bras à me rattraper dans la paperasse au bureau. Alors go dans l’bureau au lieu du tracteur.
La bonne nouvelle
Finalement, malgré les retards et nos petits stress, les rendements de maïs ont dépassé nos attentes. Cette année, notre objectif était simple: avoir une récolte. On l’a eue. C’était tout ce qu’on demandait.
Maintenant que décembre arrive, je reviens enfin à ma chronique dans Agricom. Prochain défi: descendre du mode GO. Ça sera pas facile. Mais bon, je suis reconnaissante et surtout fière de nos accomplissements à la ferme. Je vous souhaite un décembre doux, sans trop de pelletage.
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