le Samedi 18 juillet 2026
le Mercredi 11 février 2026 13:07 Chronique

L’hiver, les champs ne partent pas en vacances!

Même quand tout est blanc, les champs ne sont pas en vacances! — PHOTO : Sandra Clément
Même quand tout est blanc, les champs ne sont pas en vacances!
PHOTO : Sandra Clément

Vous vous souvenez que dans ma chronique précédente, je vous avais partagé ce que je fais pour passer l’hiver? Eh bien, cette fois, je vous parle de ce que font les champs pour passer l’hiver. Oui, les champs.

L’hiver, les champs ne partent pas en vacances!
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Avec toute la neige tombée au sol et les froids de canard qu’on a connus, on pourrait penser que les champs ont pris l’hiver en congé, qu’ils sont partis en vacances quelque part au chaud. Mais non! En agriculture, même quand tout est blanc, le travail continue. 

En Ontario, les hivers se suivent mais ne se ressemblent pas nécessairement d’une année à l’autre. On passe en un rien de temps d’un temps «frette», à des bordées de neige, avant qu’une pluie soudaine ne vienne tout dégeler. Ces changements ont un impact direct sur la santé des sols.

Le gel et le dégel peuvent être bénéfiques. Ils aident à briser les sols trop compactés et rendent la terre plus légère pour les semis du printemps. Mais quand ces cycles sont trop fréquents, ils peuvent aussi causer des problèmes, surtout pour le blé d’hiver. Le soulèvement du sol déchausse les plants et les expose directement au gel.

Notre chroniqueuse Sandra Clément, bien habillée pour profiter du soleil par temps froid!

PHOTO : Famille Clément

L’eau joue elle aussi un rôle important. La neige et la pluie d’hiver permettent de recharger les réserves d’humidité du sol pour le printemps. Mais trop d’eau peut provoquer de l’érosion ou laisser les champs trop mouillés. Quand le sol est gelé, l’eau a plus de difficulté à s’infiltrer, donc elle s’écoule en surface.

Les sols sont également plus vulnérables en hiver. Lorsqu’ils sont humides ou gelés, le passage de la machinerie — à l’image d’un sentier de motoneige traversant un champ — risque de compacter la terre. À force de passages répétés, le sol se densifie, laissant moins de place à l’air et à l’eau. Ceci ralentit alors le développement des racines dès le retour du printemps.

Quand il n’y a pas de plantes qui poussent dans un champ, la terre perd peu à peu sa nourriture magique, soit sa  matière organique. Cette matière organique est très importante parce qu’elle aide la terre à rester en bonne santé.

La matière organique nourrit les petits organismes invisibles qui vivent dans le sol, un peu comme des mini-travailleurs qui aident les plantes à bien pousser. Elle aide aussi la terre à retenir l’eau quand il pleut. Elle rend le sol plus fort afin que les plantes aient tout ce dont elles ont besoin pour grandir.

Pendant que les champs se reposent, d’autres s’amusent dans la neige!

PHOTO : Sandra Clément

Sans cette matière organique, la terre est moins en forme… un peu comme nous quand on mange mal. Sa santé finit par baisser tranquillement, non? 

C’est pourquoi on prend le temps de bien préparer nos champs avant l’hiver. On fait des analyses de sol et on sème des cultures de couverture pour protéger la terre contre l’érosion et améliorer la structure du sol.

Quand nos terres sont en forme, elles absorbent bien l’eau de pluie, gardent leurs nutriments pour les plantes et ne partent pas avec le vent ou l’érosion. Grâce à ça, les plantes poussent mieux et produisent plus de grains.

Quand l’hiver ontarien nous en fait voir de toutes les nuances de blanc, les champs continuent leur travail en silence. Et pendant que nous, on se bat avec nos pelles, la terre se prépare tranquillement pour le printemps dès que l’hiver lui cédera sa place.

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