En agriculture, beau temps mauvais temps, que ce soit ta fête ou celle de tes enfants, si y’a du travail à faire, faut le faire. Ça n’empêche pas le jour de ta fête d’être spécial.
Je ne suis pas du genre à annoncer ma fête sur les réseaux sociaux. Pas de compte à rebours. Pour moi, c’est une journée comme les autres sauf que le chiffre de mon âge change. Discrètement, sans faire trop de bruit.
Dans ma version idéale, je serais assise sur un catamaran, quelque part dans les Caraïbes, cocktail à la main, à célébrer ça. Le vent dans les cheveux, zéro responsabilité, la grande vie.
Mais bon, je dois être réaliste. Ma fête est mal placée dans le calendrier, fin avril, coincée entre la bouette ou la poussière du printemps et les semis qui eux, n’attendent pas après personne.
Sauf que cette année, ma fête est tombée pile au bon moment.
Pas de sortie extravagante. Cette année, on a semé notre blé de printemps. Eille! C’est-tu pas un beau cadeau, ça? Rien ne dit bonne fête comme des semis faits dans du vert John Deere mur à mur!
Trois filles au volant
Le plus beau là-dedans? Ce sont nos filles qui font tout le travail au champ. Une applique l’engrais, une l’enfouit au sol, la troisième sème le blé. Mon mari, lui le grand boss, est là pour s’assurer que tout roule comme sur des roulettes. Il prépare le reste de la machinerie pour les semis de maïs et de soya qui suivront dans quelques jours.
À Embrun, les semis ont commencé! Le blé de printemps est en terre.
Et moi? Disons que j’occupe un rôle tout aussi essentiel mais moins visible. Pendant que les filles étaient au champ, j’étais à l’office à finaliser les derniers détails de gestion : organisation des parcelles, suivis, préparation pour que tout se déroule sans accroc.
Bon, ok, mon bureau n’est pas exactement un catamaran. Mais le soleil était au rendez-vous. Et savoir que tout roule, chacun à son poste, pendant que la terre se prépare pour une nouvelle saison, c’est quand même une belle façon de souligner le passage du temps.
La journée s’est terminée comme il se doit : entourée de ma famille et mes parents. Nous avons mangé un bon gâteau des anges, fait par nulle autre que ma maman, la reine du gâteau des anges! Disons que ça compense pas mal bien pour l’absence de cocktail dans les Caraïbes.
Comme si ce n’était pas assez, la soirée s’est poursuivie devant la télé avec les Canadiens de Montréal qui affrontaient le Lightning de Tampa Bay pour leur troisième match de la série. Je ne suis pas une grande fan de hockey, mais quand les Canadiens sont en séries, je ne les manque pas. Ils ont gagné en prolongation !
Rien de tel pour compléter une fête bien de chez nous.
Pas besoin de sable blanc quand t’as de la bonne terre noire, du vert John Deere, une gang de filles à l’ouvrage, un boss heureux en pleine supervision, une gestion bien rodée, un gâteau fait avec amour et une game de hockey à la télé.
La cerise sur le gâteau? Voir la satisfaction de toute mon équipe devant le travail accompli. Voir les filles rentrer à la maison, fières de leur journée, ça, c’est un cadeau qui n’a pas de prix pour une maman.
C’est un beau cadeau de pouvoir débuter les semis entourée de sa famille. Ça donne un bon boost d’énergie pour les mois à venir.
C’était ma fête. Et honnêtement, j’ai trouvé ça pas pire du tout.
Et vous? En avez-vous des histoires de fêtes passées à travailler à la ferme? Écrivez-moi!