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le Mercredi 12 juillet 2023 12:04 Environnement

Maïs et changements climatiques: l’adaptation d’une communauté

Femme qui marche entre des rangées de plants de maïs.
Femme qui marche entre des rangées de plants de maïs.
S'adapter aux changements climatiques est une réalité qui n’affecte pas seulement les humains et les animaux. Les plantes en souffrent également. Pour la culture du maïs, les impacts des changements climatiques obligent les agriculteurs à adapter leurs récoltes en fonction de la température.
Maïs et changements climatiques: l’adaptation d’une communauté
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Selon Jonathan Messerli, agronome chez la coopérative UNIAG, tout dépend du « timing ». Par exemple, l’an dernier, aux mois d’août et septembre, les semis ont pu profiter d’une abondance de chaleur et d’eau ce qui a permis de combler les manques et les pertes survenus en début de saison. Au contraire, si l’eau est en manque durant la période de floraison, qui survient de la mi-juillet au début août, cela peut entraîner des pertes majeures pour les agriculteurs, comme c’était le cas en 2012 aux États-Unis. 

Les chaleurs extrêmes peuvent également impacter le maïs comme le mentionne Simon Lachance, professeur et coordonnateur du programme de techniques agricoles et de la production de fruits et légumes à La Cité. « [Lors de la pollinisation du maïs], une chaleur extrême (au-dessus de 35 *C) pourrait rendre le pollen stérile et diminuer la pollinisation de l’épi », explique-t-il. Dans ces cas-là, ce n’est pas un manque d’eau qui nuit aux récoltes, mais bien la chaleur intense. Cette chaleur peut aussi affecter la croissance des plans, créer un stress pour le maïs et peut compliquer le désherbage en début de saison.

Les sécheresses sont un problème majeur pour l’agriculture du maïs également. Les soies des épis sont composées de 90% d’eau et sont nécessaires à la pollinisation. « Si c’est vraiment très très sec pendant ce temps-là, il y a moins de soies, elles sont de moins bonne qualité et sont moins aptes à recueillir le pollen », affirme Jonathan Messerli. Simon Lachance tient un discours similaire sur ce sujet. « La sécheresse seule peut aussi limiter l’élongation des soies, rendant les fleurs de l’épi moins réceptives au pollen, surtout dans des cas de compaction des sols et de systèmes racinaires réduits », exprime-t-il. 

Avec la sécheresse viennent également souvent des feux de forêt qui peuvent également avoir un impact négatif sur la récolte. Non seulement, les feux ravageurs, la fumée générée par ce phénomène peut-être si dense que les rayons du soleil n’arrivent pas à créer la photosynthèse des plantes, qui est nécessaire pour un bon rendement. 

Autant un manque d’eau peut causer problème, autant un surplus d’eau pendant une longue période est également dommageable. En début de saison, cela peut retarder les semis, noyer les cultures ou encore dénitrifier l’azote qui contient des nutriments essentiels pour la croissance du maïs.

Le froid entraîne aussi des dommages, dépendamment du moment. Un coup de froid au début de la période de croissance peut entraîner un retard de croissance, ce qui n’est pas trop catastrophique, mais un gel qui survient tard au printemps ou tôt à l’automne peut avoir de grosses conséquences. 

Un gel hâtif à l’automne peut mettre fin à la période des récoltes, et ce même si le maïs n’est pas prêt. Les changements climatiques entraînent également de plus en plus de phénomènes météorologiques violents tels des tornades ou des orages violents, ce qui peut coucher les plants, les rendant donc non récoltables, ou même les casser comme nous avons pu le voir dans les dernières semaines dans l’Est ontarien. 

Pour s’adapter, les agriculteurs doivent donc développer des techniques pour optimiser leur culture. Une des solutions serait via le sol selon l’agronome de UNIAG. Augmenter l’engrais organique pourrait augmenter les réserves d’eau et augmenter la structure, la porosité et la filtration des sols. Il faut également réduire la compaction du sol en travaillant avec des plantes ayant davantage de racines puisqu’un sol à nu est plus susceptible à l’érosion. 

« Le fait de garder des résidus en surface, de faire des cultures de couverture, d’avoir des racines qui tiennent le sol et qui augmentent la porosité, la filtration du sol, ça va aider pour remonter l’infiltration de l’eau et pour éviter l’érosion », affirme Jonathan Messerli. Selon lui, la rotation des cultures peut également aider puisqu’il soutient que « dès que les gens incluent des céréales ou des plantes fourragères ont voit vraiment une augmentation sur la solidité du sol ». 

Bien sûr, le développement de nouvelles technologies pourrait potentiellement aider avec les impacts des changements climatiques. Déjà, nous voyons apparaître des modèles de prévision de réponse à l’azote et météorologique pour aider les agriculteurs ainsi que l’intelligence artificielle qui est de plus en plus présente dans toutes les sphères de la société.

IJL – Réseau.Presse – Agricom