le Dimanche 14 juillet 2024
le Mercredi 26 juin 2024 9:54 Environnement

Après la pluie, les ennuis!

Le 24 juin, le soleil se levait sur des champs portant encore la trace des pluies fortes de la veille.
Le 24 juin, le soleil se levait sur des champs portant encore la trace des pluies fortes de la veille.
La St-Jean coïncide souvent avec le passage de systèmes orageux assez violents. Les 22 et 23 juin n’ont pas fait mentir les statistiques, alors que des cellules orageuses ont déversé de 40 à 70 mm de pluie sur l’Est ontarien. Des vents parfois forts ont accompagné toute cette eau.
Après la pluie, les ennuis!
00:00 00:00

L’agronome Steve Wellein a constaté plusieurs champs inondés après les pluies fortes du weekend.

L’heure est au bilan chez les agriculteurs. « Certains endroits à Winchester et Chesterville ont reçu environ 300 mm de pluie en juin selon les pluviomètres et évidemment, le sol n’arrive pas à drainer toute cette eau », constate Steve Wellein, agronome pour Synagrie. 

Qui écope?

Quand le maïs a développé six à sept feuilles à la fin juin, il tolère mieux les importantes précipitations qu’en début de saison, alors que les semences sont plus facilement emportées par l’eau. 

« Il faut compter de deux à sept jours pour que l’eau se résorbe et heureusement, on ne prévoit pas de pluies importantes prochainement. Par contre, il faut craindre que toute cette eau ait causé la dénitrification des sols, qui sont privés d’azote et d’oxygène. On doit aussi ouvrir l’œil pour surveiller l’apparition de champignons si le temps reste chaud et humide », dit-il.

Sans surprise, les sols glaiseux absorbent peu d’eau et celle-ci s’évapore au lieu de pénétrer dans le sol et constituer des réserves pour les temps chauds. « À ça, s’est ajouté un vent assez fort pour verser le blé dans les champs », souligne l’agronome. « Heureusement, ce que j’ai vu n’avait rien de catastrophique et le blé couché pourra être assez facilement relevé. »

Quelle saison! 

Thomas Earle regarde son champ. Le fermier de la région de Prescott s’estime chanceux que les 70 mm de pluie tombés en deux jours n’aient pas causé de dommages. 

« Je ne me souviens pas d’une année où les champs n’étaient pas déjà ensemencés au 15 mai, comme c’était le cas cette année. Et je suis ici depuis 1980 », dit-il, un brin de découragement dans la voix. Un printemps en dents de scie qui a poussé ses voisins et lui à jouer à la roulette russe avec les semis.

Parole d’agriculteur, la météo est devenue du grand n’importe quoi, selon lui. « Quand le temps est très humide, surtout s’il fait chaud, mes vaches mangent moins et elles produisent 5% de moins. Heureusement, ça ne dure pas et l’équilibre revient éventuellement, mais il y a des années pires que d’autres et 2023 n’a pas été facile », dit le fermier.

IJL – Réseau.Presse – Agricom