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le Mercredi 20 août 2025 14:52 Environnement

Quand la lutte au scarabée japonais… fait mouche!

La mouche aldrichi s'apprête à déposer son oeuf sur le scarabée japonais. — Crédit Christian Back
La mouche aldrichi s'apprête à déposer son oeuf sur le scarabée japonais.
Crédit Christian Back

En arpentant les rangs de plantes d’une ferme bio de l’Est ontarien, on est frappé de voir les dommages causés par un petit insecte envahissant, le scarabée japonais. Or, des essais réalisés en Colombie-Britannique laissent entrevoir une manière naturelle de contrer ce fléau: une mouche.

Quand la lutte au scarabée japonais… fait mouche!
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Bien qu’elle semble porter un nom qui conviendrait mieux à un plat italien, l’Istocheta aldrichi est une mouche qui a pour particularité de cibler le scarabée japonais en ne posant qu’un seul œuf sur son dos. Une fois l’œuf éclos, la larve s’enfonce dans le coléoptère et finit par le tuer. 

Un peu d’histoire

La lutte au scarabée japonais ne date pas d’hier et la méthode étudiée dans l’Ouest du pays par des chercheurs d’Agriculture et Alimentation Canada (AAC) remonte aux années ‘20, quand la mouche Istocheta aldrichi a été introduite en Amérique du Nord pour aider à lutter contre les populations de scarabées japonais. Dans les régions du Canada où cette mouche et le scarabée japonais sont présents, la mouche est maintenant naturalisée, ce qui contribue à la lutte naturelle contre ce ravageur envahissant. 

Paul Abrams mène une équipe de chercheurs qui étudient une méthode naturelle de lutte au scarabée japonais.

« Le scarabée japonais continue de représenter une menace pour les plantes et les cultures partout au Canada, ce qui incite les scientifiques d’AAC à explorer de nouvelles façons plus efficaces d’en gérer la propagation », explique Paul Abram (Ph. D.). « Grâce aux recherches en cours sur la mouche du scarabée, une méthode est mise au point pour améliorer l’utilisation de la mouche afin d’aider à réduire la population du scarabée en Colombie-Britannique. »

Les chercheurs font également le suivi de l’incidence à long terme de la mouche sur les populations de coléoptères, tout en confirmant qu’elle ne pose aucun risque pour d’autres insectes ou espèces animales au Canada.   

Un long voyage

Mais si la mouche a été introduite en Amérique du Nord dans les années ‘20 pour lutter contre le scarabée japonais, pourquoi aura-t-il fallu attendre 100 ans avant d’en faire l’étude dans l’Ouest canadien?

Christian MacQuarrie explique que la mouche parasitaire du scarabée japonais avait besoin d’un peu d’aide pour s’implanter dans les provinces de l’Ouest.

« Parce que le scarabée japonais a récemment été découvert en Colombie-Britannique pour la première fois », explique le chercheur scientifique en entomologie au Centre de foresterie des Grands Lacs Sault Ste. Marie, Christian MacQuarrie. « La recherche vise à déplacer la mouche de l’Est du Canada vers la Colombie-Britannique. L’objectif est que la mouche ait le même effet dans l’ouest du Canada que dans l’est. Parfois, ces insectes ont besoin d’un peu d’aide pour se déplacer. Dans ce cas, il semble que le scarabée ait pu se rendre en Colombie-Britannique par ses propres moyens, mais la mouche avait besoin d’un coup de main. C’est ce que le Dr Abram et son équipe ont accompli. »

Selon le chercheur, il s’agit d’une pratique courante dans les programmes de lutte biologique, qui a déjà été mise en œuvre à plusieurs reprises au Canada pour différents ravageurs.

À l’été 2023, plus de 800 mouches du scarabée ont été relâchées dans la région de Vancouver, à l’aide du réseau de pièges de surveillance du scarabée de l’Agence canadienne d’inspection des aliments. 

« Le piégeage de surveillance a permis de confirmer que les mouches ont réussi à localiser les scarabées dans les pièges, même dans des zones où les populations étaient presque indétectables », précise Paul Abram. 

Des scarabées parasités ont été retrouvés de nouveau en 2024 et en 2025, sans aucune autre introduction supplémentaire, ce qui donne à penser que la mouche a établi une population autosuffisante et pourrait offrir un contrôle durable des scarabées japonais, surtout dans les vignobles et les bleuetières de la Colombie-Britannique. 

Une menace bien réelle 

Cette recherche fait renaître l’espoir d’une gestion du scarabée japonais en Colombie-Britannique. Ces insectes envahissants peuvent infester jusqu’à 300 espèces de plantes agricoles et ornementales, ce qui peut mener à des pertes économiques importantes et à une plus grande dépendance aux insecticides. 

« Le succès de la mouche Istocheta aldrichi pourrait ouvrir la voie à une intervention précoce dans d’autres provinces, où les infestations sont de plus en plus courantes », espère le ministère.

IJL – Réseau.Presse – Agricom

IJL – Réseau.Presse – Agricom