Les participants dont le projet aura été retenu pourront compter sur une aide financière couvrant jusqu’à 90% des coûts de l’aménagement. Ainsi, les agriculteurs et les propriétaires fonciers ruraux pourront mettre en œuvre des projets visant à améliorer la santé des sols et de l’eau, à restaurer les habitats et à renforcer la résilience climatique.
Michelle Cavanagh présente l’initiative d’appui financier à l’aménagement des terres marginales.
Terre marginale?
Mais de quoi parle-t-on au juste? Selon Michelle Cavanagh, chef d’équipe, Projets spéciaux, à la Conservation de la Nation Sud, une terre marginale est décrite comme étant une bande de terre longeant un ruisseau, un lac ou une terre humide qui la rend peu propice à l’agriculture.
« Il peut aussi s’agir d’une part inutilisée d’une terre agricole, pas forcément près de l’eau, et qui pourrait être aménagée écologiquement. On inclut même une terre où, par exemple, on remplacerait la culture du maïs par celle du foin », dit-elle.
L’initiative est mise en œuvre par la Conservation de la Nation Sud (CNS) au nom du groupe collaboratif qui comprend les offices de protection de la nature, Canards Illimités Canada, Forests Canada, Watersheds Canada, Just Food et d’autres partenaires.
Elle s’appuie sur des décennies d’expérience des offices de protection de la nature dans la mise en œuvre de projets de gestion responsable dans les exploitations agricoles de l’Est de l’Ontario. Elle aide les propriétaires fonciers en partageant les coûts des améliorations environnementales qui protègent la qualité de l’eau et renforcent les activités agricoles.
Une bande de verdure sépare les cultures des plans d’eau chez la famille Clément.
On aménage quoi?
L’initiative pour les terres marginales soutient divers projets de gestion sur le terrain, notamment:
- La plantation d’arbres et d’arbustes pour améliorer la santé des sols et de l’eau
- La création de prairies et d’habitats favorables aux pollinisateurs
- L’installation de zones tampons végétalisées et de clôtures pour protéger les cours d’eau
- La restauration des zones humides et la création de bassins de rétention d’eau`
« Ce programme est une excellente occasion pour les propriétaires fonciers locaux d’améliorer la santé de leurs terres tout en contribuant à l’atténuation des changements climatiques », estime Mme Cavanagh. « Il soutient des projets concrets qui aident les agriculteurs à réduire les émissions de gaz à effet de serre, à améliorer la santé des sols et de l’eau et à protéger les caractéristiques naturelles qui rendent notre région unique. Notre équipe est là pour accompagner les propriétaires fonciers à chaque étape afin de concrétiser leurs idées. »
Les agriculteurs ne sont pas laissés à eux-mêmes: les offices de protection de la nature aident à coordonner les activités avec des visites gratuites sur place pour guider la conception des projets et la préparation des demandes.
Même le fossé pluvial dispose d’une protection!
Ça reste dans le champ!
Pour Sandra Clément, l’aménagement des berges était d’abord une question de préservation de sa terre de 3 000 acres près d’Embrun: « Au printemps, quand la crue des eaux emporte une parcelle de terre, ça fend le cœur. Au prix que sont la terre et les engrais, on veut garder ça dans le champ! »
Elle et son conjoint ont donc entrepris l’aménagement de zones-tampons le long des cours d’eau qui bordent leur terre à raison d’une dizaine de mètres de largeur sur plusieurs centaines d’acres. Oui, c’est autant de surface non cultivée, mais pour Sandra, le jeu en vaut la chandelle.
La bande n’est pas pour autant laissée à l’abandon et elle est régulièrement entretenue pour éviter la pousse d’arbres aux racines gourmandes ou encore, des espèces nuisibles. Seul bémol: « Les formulaires de demandes sont souvent compliqués et plusieurs agriculteurs passent leur tour parce qu’ils n’ont pas le temps pour la paperasse interminable », déplore-t-elle.
Dans le cas de l’Initiative pour les terres marginales du Programme des paysages agricoles résilients (PPAR), les candidats n’ont pas besoin d’avoir finalisé tous les détails du projet pour postuler; ils peuvent simplement communiquer les détails de leur propriété, la zone qu’ils souhaitent améliorer ou restaurer, ainsi que leurs objectifs ou leurs idées. Le personnel de l’Office de protection de la nature travaillera ensuite directement avec les agriculteurs pour les aider à concevoir et à réaliser des projets qui répondent aux exigences du programme.
Le financement est disponible dès maintenant; les propriétaires fonciers sont encouragés à confirmer leur admissibilité et à présenter leur demande avant de commencer tout travail lié au projet.
IJL – Réseau.Presse – Agricom