Volume 39 Numéro 4 - Le 19 novembre 2021

Hausse à prévoir des prix du lait à la ferme et à l’épicerie


La Commission canadienne du lait (CCL) a recommandé une augmentation de 8,4 % du prix du lait à la ferme. Cela représente 6,31 $/hectolitre pour les producteurs. Photo : Archives Agricom


Par : Roxanne Lormand [email protected]

La Commission canadienne du lait (CCL) a recommandé le 29 octobre une augmentation de 8,4 % du prix du lait à la ferme. Les autorités provinciales devront approuver la hausse suggérée à partir de décembre. La hausse entrera en vigueur le 1er février 2022.

L’augmentation proposée représente 6,31 $/hectolitre (ou 0,06 $ par litre). Ce sera une hausse du cout du lait utilisé pour fabriquer des produits laitiers destinés aux secteurs du détail et de la restauration, soit les classes 1 à 4. La CCL explique que «l’augmentation du cout du lait pour les transformateurs dépendra de la teneur en matière grasse et en solides non gras du produit fabriqué.»

Hausse des couts de production

La CCL détaille que cette hausse des prix «compensera en partie la hausse des couts de production entrainée par la pandémie de la COVID-19». La CCL révise annuellement le prix qu’obtiennent les producteurs laitiers pour leur lait en réalisant une étude qui comprend l’évaluation des couts de production auprès de plusieurs producteurs laitiers à l’ensemble du Canada.

Pour Nicholas Dessaint, président de l’Union des cultivateurs franco-ontariens et lui-même producteur laitier à Sarsfield, cette annonce est assurément une bonne nouvelle. «Tous nos couts ont augmenté, donc si on veut continuer de réussir à payer nos couts pour produire le lait, il faut que notre augmentation de revenus soit en fonction des couts plus élevés», reconnaît M. Dessaint.

L’alimentation des vaches laitières a bondi énormément dans la dernière année. Le prix des céréales a grimpé de 31 % sur le marché mondial entre les mois d’août 2020 et août 2021. C’est une bonne nouvelle pour les producteurs de grandes cultures, mais moins pour nourrir ses animaux comme témoigne le président de l’UCFO : «C’est le fun quand je vends mon soya et mon maïs et que je reçois plus, mais en même temps il faut que je nourrisse les vaches avec les mêmes ingrédients. Ça revient donc beaucoup plus cher.» 

Nicholas Dessaint est président de l’Union des cultivateurs franco-ontariens et producteur laitier à Sarsfield. Photo : Archives Agricom, Roxanne Lormand.

Selon les Producteurs laitiers du Canada «une vache laitière adulte typique, pesant environ 600 kg, mange environ 29 kg de nourriture chaque jour et produira environ 20 à 40 litres de lait par jour.» Cela représente donc une moyenne de 1,26 $ à 2,52 $ d’augmentation par vache par jour pour un producteur avec la nouvelle hausse proposée.   

Signalons aussi que dans les frais d’exploitation des fermes laitières, le cout des carburants gruge de plus en plus les marges de profits des agriculteurs. De plus, le prix des semences a pareillement augmenté, et le prix des engrais devrait être responsable d’une grosse partie des dépenses pour la saison 2022 en raison d’une rareté et d’une importante hausse de couts des intrants.

Hausse possible du salaire minimum en Ontario

Si le projet de loi du gouvernement provincial est adopté, ce dernier pourrait faire passer le salaire minimum général de la province de 14,35 $ à 15,00 $ à partir du 1er janvier 2022. Le secteur agricole n’est cependant pas obligé de suivre cette tendance selon la Loi de 2000 sur les normes d’emploi de l’Ontario. En effet, les employeurs dans certains domaines agricoles ne sont pas tenus de payer au salaire minimum leurs employés.

«Il suffit que tu sois dans une région comme moi où l’on retrouve des emplois en ville très près : si tu n’accotes pas le salaire minimum, les chances de trouver un employé sont réduites», explique le président de l’UCFO qui voit déjà l’impact de dépenses supplémentaires possibles pour des producteurs.

Pour le consommateur

Ainsi la hausse de 8,4 % s’avère justifiée avec les couts de production grimpant des fermes laitières. Selon des estimations des Producteurs laitiers du Canada, «si l’augmentation du prix à la ferme se répercutait entièrement dans les prix au restaurant, on parlerait d’une hausse de 1 cent pour un verre de lait ou de 4 cents pour une pizza moyenne. À l’épicerie, le contenant de yogourt de 650 grammes couterait 12 cents de plus, et le prix de l’emballage de 450 grammes de fromage cheddar augmenterait de 26 cents.»

Notons que l’indice des prix à la consommation pour les aliments en général a augmenté de 9,5 % au cours des cinq dernières années tandis que pour les produits laitiers l’augmentation fut de seulement 7,4 %. On retrouve 3 367 fermes laitières expédiant du lait en Ontario contre 4 766 au Québec selon les derniers chiffres de 2020 de Statistique Canada et la Commission canadienne du lait.

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