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Accumulation de nitrates dans les plants de maïs fortement stressés

Par Luc Brunet, P.Ing., Ingénieur et agronome au Centre de ressources agricoles d'Alfred, MAAARO
info.agricom@atreide.net


La sécheresse pourrait engendrer la production de gaz de silo

Les conditions météorologiques, particulièrement celles qu’on connaît cette année, et les pratiques culturales ont une incidence sur la teneur en nitrates des matières végétales, laquelle influe à son tour sur la production de dioxyde d’azote (NO2) dans le silo.

Par exemple, lorsqu’une pluie abondante succède à une période de sécheresse pendant la saison de croissance, le maïs sur pied a tendance à absorber de fortes quantités de nitrate dissous. Si le maïs est récolté avant qu’il ait pu transformer les nitrates en protéines, l’ensilage dégage de l’oxyde nitreux (N2O) et de l’oxyde nitrique (NO). Le NO instable se combine avec l’oxygène pour former du dioxyde d’azote, un gaz mortel.

Le dioxyde d’azote (NO2) est un gaz asphyxiant chimique dangereux qui est produit par les réactions chimiques qui se déclenchent presque immédiatement après l’entassement des végétaux dans le silo.
Même une exposition de courte durée peut provoquer rapidement la mort. Le dioxyde d’azote a une odeur caractéristique d’eau de Javel et peut être visible sous la forme d’un brouillard brun rougeâtre. Comme il est plus lourd que l’air, il tend à stagner juste au-dessus de l’ensilage. Il peut aussi descendre dans la chute du silo et se répandre dans la salle d’alimentation.

Quand il est inhalé, le NO2 se dissout au contact de l’humidité de la surface interne du poumon et produit un acide puissant appelé acide nitrique. L’acide nitrique brûle les tissus des poumons, provoquant une hémorragie massive et la mort. Une exposition répétée à des concentrations faibles de NO2 cause des problèmes respiratoires chroniques, dont l’essoufflement, la toux et la présence de fluides dans les poumons.

Voici les précautions à prendre autour d’un silo et dans la salle d’alimentation :

1. Placer un panneau «Attention ? Gaz de silo» dans un endroit bien en vue à côté du silo.

2. Ne pas laisser les enfants ni les visiteurs s’approcher du silo pendant les trois semaines qui suivent le remplis-sage.

3. Fournir suffisamment de ventilation dans la salle d’alimentation pour dissiper les gaz qui auraient pu s’y répan-dre depuis le silo.

4. Demander au service local des incendies s’il possède dans son matériel de secours un appareil de respiration autonome à adduction d’air à pression positive intermittente. L’appareil autonome de plongée (scaphandre) ne convient pas parce qu’on ne peut pas passer dans la goulotte de décharge du silo ou escalader la cage-échelle extérieure avec la grosse bonbonne d’oxygène accrochée dans le dos.

5. Pendant le remplissage, régler au besoin l’ensileuse pour qu’elle répartisse l’ensilage de façon égale. NE PAS NIVELER L’ENSILAGE A LA MAIN.

6. S’il est nécessaire d’entrer dans le silo quand le remplissage est terminé, LE FAIRE IMMEDIATEMENT APRES LA DERNIERE REMORQUE, LE JOUR MEME. Ne pas oublier de laisser fonctionner la souffleuse à fourrage quand on est à l’intérieur du silo.

7. Les silos hermétiques présentent un cas particulier. Il ne faut y pénétrer que lorsque c’est absolument nécessaire et après s’être équipé d’un appareil respiratoire raccordé à une source d’air extérieure.

8. La souffleuse à ensilage, en fonctionnement, réalise une bonne ventilation du silo. S’il devient nécessaire de réparer ou de régler la désileuse, on doit supposer qu’on est en présence de gaz. Pour évacuer les gaz avant d’entrer dans le silo, on ferme les portes du dispositif de déchargement, on ouvre la trappe du toit et on fait fonctionner la souffleuse à ensilage. Si la hauteur libre entre l’ensilage et le toit est supérieure à 5 m, on fixe un adapteur au conduit de la souffleuse. Dans un silo de 7,2 m de diamètre (24 pieds), où la hauteur libre est de 5 à 10 m (15 à 30′), on laisse fonctionner la souffleuse à ensilage pendant 30 minutes. Dans les silos de plus grand diamètre ou si la hauteur libre est plus grande, on accroît la durée de la ventilation. On doit laisser fonctionner la souffleuse tant que quelqu’un se trouve dans le silo.

9. Si quelqu’un vient à perdre connaissance à l’intérieur d’un silo, commencer IMMEDIATEMENT à ventiler avec la souffleuse à fourrage en suivant les recommandations du paragraphe 8 ci-dessus et appeler le service local des incendies. Un apport d’air frais est crucial pour la victime et pour les sauveteurs.
Pour plus de détails, n’hésitez pas à me contacter au Centre de ressources agricoles d’Alfred du MAAARO (613) 679-4411.

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