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AGA de l’Union des cultivateurs franco-ontariens

Par Étienne Alary
info.agricom@atreide.net


Près d’une centaine de déléguées de l’Union des cultivateurs franco-ontariens (UCFO) s’étaient donnés rendez vous à la Place Concorde de Windsor, le 28 mars dernier, pour participer à la 71e Assemblée générale annuelle de leur regroupement. Notons que près d’une soixantaine des délégués présents à cette rencontre provenaient de l’Est ontarien.Une douzaine de délégués avait également fait le voyage de la région du Témiskaming alors que les autres délégués provenaient de la région immédiate de Windsor (Pointe-aux-Roches, Belle Rivière, etc.).

Cette rencontre annuelle a permis au président de l’UCFO, Alain Delorme, de présenter son rapport annuel. M. Delorme y est allé d’un sommaire des activités accomplies par l’Union au cours de la dernière année.

Au niveau du Collège d’Alfred, Alain Delorme a rappelé aux délégués qu’en janvier 2000, «l’Union a réussi à obtenir des fonds de 30 000 $ de Patrimoine canadien pour aider à défrayer les coûts occasionnés par la lutte de la survie du Collège en janvier dernier. De cette somme, 15 000 $ ont été acheminés vers le Collège pour servir au recrutement de nouveaux élèves car il faut le dire, cet événement fut une cause directe de la baisse des intentions d’inscription au Collège en décembre dernier. Il semblerait que depuis ce temps, il y aurait une légère augmentation des intentions d’inscription comparativement à 1999», de présenter Alain Delorme.

Le président de l’UCFO est également revenu sur le premier Colloque national des agricultrices et agriculteurs francophones du Canada, qui a eu lieu en mars 2000, «après le grand succès de ce colloque, nous tentons de former un réseau national par les efforts déployés par Pierre Glaude. Ce dernier a déjà rencontré des représentants de la Saskatchewan, du Manitoba et du Nouveau Brunswick. Tous sont d’accord pour établir, comme suivi, un réseau permanent qui prendra surtout une forme virtuelle grâce aux nouvelles technologies de communication. Ce réseau permettra aux agricultrices et agriculteurs francophones de briser leur isolement et d’échanger dans leur langue sur des nouvelles technologies et pratiques exemplaires qui leur permettront de renforcer leur entreprise agricole», explique M. Delorme.

Un autre point avancé aux délégués par le président de l’UCFO a été celui des groupements de gestion agricole. « Nos groupements de gestion agricole ont connu une grande période de bouleversement et de réajustement cette dernière année. Ils ont assisté au départ de Paula Cipriano, conseillère au groupement André Demers, et ensuite au départ de Thomas Grenon, en poste au groupement du Témiskamingue. Suite à ces perturbations, les dirigeants ont conclu une entente de service qui sera procuré par le groupement de Prescott pour les deux autres groupements», a souligné M. Delorme. «Les représentants des groupements sont à élaborer la mise en oeuvre du plan proposé 2000?2004 de l’entente Canada- Ontario sur la promotion des langues officielles, une entente signée pour quatre ans qui assure un appui financier aux trois groupements pour un montant de 60 000 $ par année. Un autre volet en développement est celui de l’environnement. On espère ajouter cet élément à la gamme de services offerts par les groupements de gestion. On a exploré le système du Québec et on devra rédiger une demande de subvention afin d’employer d’autres conseillères et conseillers », a-t-il ajouté.

Alain Delorme a également discuté des dossiers des frais de développement dans le comté de Russell, du Programme d’accès communautaire, du projet de la veille technologique, du projet Franco Agri Tech (voir autre article à ce sujet), des services offerts par CanAdapt et bien d’autres. Le président de l’UCFO a également parlé de la planification stratégique dont s’est dotée l’organisme. «Au début de cette année 2001, un comité s’est penché sur le développement d’un plan stratégique pour l’UCFO. De deux rencontres a émergé un plan triennal», a mentionné Alain Delorme. À noter que cette planification stratégique a été présentée aux délégués à l’AGA par l’agente de développement de l’UCFO, Rachelle DesRochers. Cette dernière a invité tous les membres de l’UCFO de prendre connaissance de ce nouvel outil et de faire parvenir leurs commentaires.

Situation financière
Cette réunion annuelle a également permis aux membres de se mettre au parfum de la situation financière de l’organisme. Ainsi, au cours de la dernière année, l’Union a obtenu des recettes de l’ordre de 220 643 $ et des dépenses de 236 162 $, pour une perte à la fin de l’exercice de 15 519 $. Même si l’Union vient d’encaisser un deuxième déficit consécutif, le secrétaire général de l’organisme, André Pommainville, ne croit pas que la situation soit alarmante, bien au contraire. «En 1999, l’Union avait terminé l’année financière avec un déficit de près de 30 000 $ mais cela avait principalement été causé par un transfert de près de 40 000 $ de l’Union au Fonds de bourses du Collège d’Alfred», indique M. Pommainville. «Pour ce qui est du déficit de cette année, il faut prendre en considération le décalage qu’il y a dans nos nombreux projets en cours. En effet, la plupart du temps, un projet doit déjà est en marche pour recevoir la subvention qui y est reliée. Nous devrions donc nous rattraper en 2001», ajoute-t-il.

Devant les questions de l’Assemblée, le président de l’UCFO est revenu sur le dossier du Fonds de bourses du Collège d’Alfred. Il a déclaré que lorsque le Collège d’Alfred a eu la chance d’obtenir un Fonds de bourses, une campagne de financement avait alors été lancée. Les organisateurs voulaient, à l’époque, amasser 100 000 $. «L’Université de Guelph et le ministre de l’Agriculture, de l’Alimentation et des Affaires rurales de l’Ontario auraient injecté la même somme dans le Fonds de bourses. Cependant, à la fin de la campagne, il manquait 39 000 $ et l’Union avait décidé de prêter la somme manquante», souligne M. Delorme.

Ce dernier a également affirmé qu’il était grand temps qu’une entente entre l’Union et le Collège d’Alfred soient signée pour le remboursement de cette somme. «Au cours des prochains mois, nous allons prendre contact avec l’administration du Collège pour développer une période de remises de ce prêt de 39 000 $», énonce Alain Delorme.

Budget 2001
Le budget d’opération de l’UCFO pour la prochaine année a également été présenté. Les administrateurs de l’Union envisagent un budget opérationnel de l’ordre de 300 000 $ pour l’année 2001. «Cette hausse est directement liée aux projets que nous devons réaliser», lance André Pommainville. «Ce montant va être plus élevé car nous avons d’autres projets en vues dont nous attendons une réponse», lance Alain Delorme.

Élections
Comme à tous les ans, certains postes au Conseil d’administration de l’UCFO venaient à échéances. C’était le cas pour l’année 2001 de ceux de Pierre Bercier (1er vice président), Robert Dessaint, Anne Thibodeau et André Brisson. De ces personnes, seul André Brisson n’a pas renouvelé son mandat. «Nous allons devoir aussi combler le poste laissé vacant à la suite de la démission de Charles Arcand. Ce dernier a démissionné au cours de l’année parce qu’il a vendu sa ferme», déclare André Pommainville.

Des deux postes vacants, un seul a été comblé, Bernadette Henrard ayant accepté de se joindre au Conseil d’administration de l’UCFO.

Mme Henrard, tout comme Pierre Bercier, Robert Dessaint et Anne Thibodeau se joignent donc aux autres membres : Alain Delorme (président), Robert Chauvin (2e vice président), Alain St Denis (trésorier), Marc M. Laflèche, Denis Bourdeau et Louis Éthier.

Un nouveau nom’
Depuis quelque temps déjà, certains membres de l’Union ont exprimé le désir de voir leur organisme changer de nom. C’est au 1er vice président, Pierre Bercier qu’est revenu la tâche de piloter ce dosser. «J’imagine qu’en 1929, le terme cultivateur était un terme moderne mais qu’en l’an 2000, ce ne l’est peut être plus», énonce Pierre Bercier.

Ce dernier a par la suite présenté une série de nom d’organisme agricole à travers le monde, que ce soit la Fédération canadienne de l’agriculture, l’Union des producteurs agricoles du Québec, la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles ou encore la Confédération paysanne. À la suite de sa présentation, M. Bercier a invité les membres à ne pas précipiter les choses. «Depuis cet hiver, même les regroupements agricoles en Europe se remettent en question. Il faut donc faire attention et regarder toutes les possibilités avant de s’arrêter sur un choix définitif», relate M. Bercier.

Pierre Bercier a donc suggéré aux délégués de former un comité ad hoc qui travaillera au cours de la prochaine année sur ce dosser afin d’en arriver «à un nom qui reflète notre réalité», de dire Pierre Bercier.

«Il n’y a pas de presse. Si lors de l’AGA de 2002, nous ne sentons pas que nous sommes unanimes sur ce que le comité avancera, nous aurons juste à reporter cela d’une autre année», fait remarquer le 1er vice président de l’UCFO.

Dossier fièvre aphteuse
Les délégués présents à l’AGA n’ont pu écarter le dossier de la fièvre aphteuse de leur agenda. «De ce qu’on entend, ce n’est plus si la fièvre aphteuse va pénétrer en Amérique mais quand celle ci fera son apparition», de lancer Denis Bourdeau.

Devant cette inquiétude, ce dernier a présenté une résolution, qui a été adoptée unanimement, qui demande à l’UCFO de faire du démarchage politique et des représentations immédiates afin que les gouvernements fédéral et provinciaux se préparent financièrement et physiquement aux dangers liés à cette maladie et que les producteurs qui en seront victimes soient dédommagés équitablement.

Des politiciens à la ferme?
Le député provincial libéral de Glengarry, Prescott et Russell, Jean Marc Lalonde, s’était déplacé pour assister à la l’Assemblée annuelle de l’Union des cultivateurs franco ontariens. Dans le cadre des manifestations des dernières semaines et du sous financement des gouvernements envers le domaine agricole, ce dernier a présenté une idée plutôt intéressante aux délégués. «Je tente présentement de convaincre tous les députés provinciaux de passer une journée complète sur une ferme. Lorsque je parle de journée, je ne parle pas de commencer à 10h le matin mais bien vers 7h et terminer vers 19h. Si cela se réalise, cela permettra de sensibiliser la population à l’importance de l’agriculture», avance M. Lalonde. «Le mouvement de protestation du 14 mars a attiré l’attention de la population et il faut continuer dans la même veine», ajoute t il. Depuis le début des mouvements de protestation, Jean Marc Lalonde évalue à 30 %, le pourcentage du temps que consacre son bureau à l’agriculture.

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