le Lundi 6 juillet 2026
le Mercredi 5 novembre 2025 13:21 Agriculture

Budget fédéral 2025: les agriculteurs oubliés?

Le budget fédéral était en teintes de gris pour les agriculteurs canadiens. — Crédit photo: Image Pexels Deneen L. Treble.
Le budget fédéral était en teintes de gris pour les agriculteurs canadiens.
Crédit photo: Image Pexels Deneen L. Treble.

Déficit colossal, coupures dans la fonction publique fédérale, investissements en infrastructures… Beaucoup de choses ont été dites sur le contenu du budget fédéral 2025, le premier du gouvernement Carney. Mais bien peu de choses ont été annoncées pour les agriculteurs canadiens.

Budget fédéral 2025: les agriculteurs oubliés?
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Une mesure qui n’est pas passée inaperçue est l’annulation permanente de la hausse de l’impôt sur les gains en capital, qui plaira particulièrement aux agriculteurs et éleveurs songeant à la retraite et qui comptent vendre l’entreprise familiale. Les Producteurs de grains du Canada (PGC) ont été les premiers à saluer l’annonce.



Kyle Larkin constate l’inquiétude des agriculteurs.

Épargner des millions

« Le budget 2025 a reconnu l’impact qu’aurait eu la hausse de l’impôt sur les gains en capital sur les exploitations céréalières familiales partout au Canada en l’annulant définitivement », a déclaré Kyle Larkin, directeur général de PGC. « Cela permettra aux exploitations familiales de poursuivre leur planification de relève avec assurance et évitera que la prochaine génération d’agriculteurs ne paie des millions de dollars de plus en impôts. »

Également, l’organisme souligne les sommes importantes allouées à la diversification des échanges internationaux, notamment pour répondre aux difficultés que rencontrent actuellement les producteurs en raison des tarifs douaniers chinois sur le canola et les pois. 

« Je constate de visu les répercussions de l’incertitude commerciale sur les producteurs céréaliers partout au pays », a déclaré Scott Hepworth, président des PGC. « Avec les difficultés aux États-Unis et les tarifs douaniers en Chine, les producteurs subissent une forte pression. Les nouveaux investissements dans les outils numériques d’exportation et la diversification des marchés sont des mesures positives. Nous avons besoin de tous les outils disponibles pour assurer la distribution des céréales, trouver de nouveaux clients et préserver nos marges bénéficiaires dans un contexte mondial imprévisible. »

Michel Dignard estime que le gouvernement fédéral n’a pas été à l’écoute des Canadiens et Canadiennes.

Pas que de bonnes nouvelles

GGC a toutefois exprimé son inquiétude quant au projet du gouvernement de réduire de 15% le budget de fonctionnement d’Agriculture et Agroalimentaire Canada sur trois ans, une mesure qui pourrait compromettre les programmes publics de recherche et de sélection essentiels à l’innovation et à la productivité.

« Bien que le budget 2025 apporte une clarté indispensable aux agriculteurs, il ne parvient pas à mettre en place le cadre de compétitivité complet nécessaire », conclut M. Larkin. 

Du côté de l’Union des cultivateurs franco-ontariens, le vice-président Michel Dignard déplore l’absence de mesures significatives pour soutenir le milieu agricole dans les données révélées mardi. D’après un nouveau sondage réalisé par Nanos Research pour CTV News, les Canadiens estiment que le secteur de l’agriculture devrait être la priorité absolue du gouvernement fédéral lorsqu’il s’agit de soutenir les industries touchées par les droits de douane américains. 

« Mais dans son budget, le gouvernement fédéral s’est contenté d’annoncer plus d’argent dans des programmes existants. Il ne semble pas à l’écoute de la volonté des Canadiens et Canadiennes », dit-il.

Selon lui, la bonification des enveloppes des programmes Agri Stabilité et Agri Marketing sont des mesures qui ne donneront des résultats qu’à long terme. « On a appris que le programme Laboratoire vivant a été annulé, c’était un programme prometteur de recherche scientifique à la ferme. Mis à part l’annonce de recherche pour incorporer le soya dans le carburant diesel, il n’y a pas grand-chose pour les agriculteurs ontariens », dénonce M. Dignard.

Agricom – Jean-Marc Dufresne – IJL