Les dernières prévisions de température moyenne mondiale d’Environnement et Changement climatique Canada indiquent que 2026 sera probablement l’une des années les plus chaudes jamais enregistrées; ce sera une année comparable à 2023 et 2025. « Les prévisions à long terme indiquent que la période de 2026 à 2030 sera probablement la période de cinq ans la plus chaude jamais enregistrée », affirme le ministère.
Ces prévisions n’ont rien de rassurant pour les producteurs agricoles, alors que plusieurs terres agricoles sont déjà jugées anormalement sèches ou touchées par une sécheresse modérée à extrême, d’après Agriculture et Agroalimentaire Canada.
S’adapter à un climat en mutation
Comme ailleurs au pays, les agricultrices et agriculteurs franco-ontariens se préparent à composer avec les impacts croissants des changements climatiques. Pour plusieurs, l’adaptation passe par une révision en profondeur des pratiques agricoles.
L’amélioration de la santé des sols occupe une place centrale, notamment grâce aux cultures de couverture et à la réduction du travail du sol. La gestion de l’eau devient également un enjeu clé, autant pour faire face aux périodes de sécheresse prolongée que pour limiter les dommages causés par les pluies abondantes.
À cela s’ajoute le choix de variétés de cultures plus résistantes à la chaleur et au stress hydrique. Pour producteurs de grandes cultures, les options existent, mais elles exigent souvent des investissements, du temps et une capacité d’adaptation constante.
Turbulences économiques à l’horizon
Aux défis climatiques s’ajoute une instabilité économique persistante. En Ontario comme ailleurs au Canada, le monde agricole demeure exposé aux soubresauts géopolitiques et commerciaux, notamment en raison des relations devenues imprévisibles avec les États-Unis.
Si certains secteurs pourraient bénéficier d’un répit — comme les producteurs de canola, à la suite de la nouvelle entente avec la Chine — l’incertitude demeure quant à l’évolution des marchés en 2026. Pour plusieurs entreprises agricoles, la prudence reste de mise.
Les gouvernements du Canada et de l’Ontario ont annoncé un investissement conjoint pouvant atteindre 20 millions de dollars afin d’aider les agriculteurs, les transformateurs et les agroentreprises ontariennes à diversifier leurs marchés et à renforcer leur résilience commerciale, dans un contexte marqué par l’incertitude économique et les tensions commerciales internationales.
Selon le ministre fédéral de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire, Heath MacDonald, l’expansion vers de nouveaux débouchés constitue un levier essentiel pour sécuriser l’avenir du secteur. « En améliorant l’accès aux marchés et en tirant parti de nos forces communes, nous bâtissons une agriculture plus solide et plus résiliente », a-t-il déclaré.
Miser sur la résilience
Face à ce contexte incertain, la résilience devient un mot d’ordre. Pour Nicolas Dessaint, producteur laitier à Sarsfield, près d’Ottawa, il s’agit avant tout de garder le cap. « L’instabilité sociopolitique ne m’encourage pas, mais ne m’empêche pas de dormir. Jusqu’à présent, je n’ai pas constaté d’impact majeur », confie-t-il.
Alors que l’année 2026 s’annonce à la fois chaude, imprévisible et économiquement fragile, les agricultrices et agriculteurs devront plus que jamais conjuguer adaptation, prudence et innovation pour traverser la prochaine période de turbulence économique et climatique.
Agricom- Jean-Marc Dufresne- IJL