le Jeudi 18 juillet 2024
le Mercredi 20 mars 2024 14:35 Économie et politique

La désolidarisation des terres: me, myself and I

La survie d'organismes comme l'UCFO dépend de l'implication de leurs membres.
La survie d'organismes comme l'UCFO dépend de l'implication de leurs membres.
La hausse du prix des terres et la rareté de la relève agricole provoque un recul du nombre de familles franco-ontariennes chez les agriculteurs et les éleveurs partout en Ontario. D’une part, ce sont souvent les grandes entreprises (souvent ou généralement anglophones) qui peuvent encore se permettre d’acquérir des terres, mais d’autre part, la jeune génération de francophones qui se risque dans l’aventure a d’autres préoccupations que la sauvegarde du fait français.
La désolidarisation des terres: me, myself and I
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Renée-Claude Goulet, présidente du CA de l’UCFO.

C’est un triste constat dressé par la présidente du conseil d’administration de l’Union des cultivateurs franco-ontariens, Renée-Claude Goulet, rencontrée à l’occasion de l’Ottawa Valley Farm Show le 12 mars dernier. « Il y a de moins en moins d’agriculteurs, donc notre potentiel de membriété est de moins en moins grand. Il y a un changement démographique en ce moment. Pour plusieurs, être fermier est une vie plutôt solitaire, particulièrement à certains endroits comme le nord de l’Ontario », dit-elle.

Pas comme avant

En affaires depuis le milieu des années ‘80 à St-Isidore dans l’Est ontarien, Marc Bercier constate un changement entre l’ancienne et la nouvelle génération d’agriculteurs. « Il faut dire que plusieurs ne parlaient pas anglais, alors les francophones se tenaient ensemble, ils participaient à des activités, il y avait des bars et plusieurs choses à faire dans la région », dit-il. « Aujourd’hui, mon voisin est anglophone et mon fils est bilingue; quand ils se voient, ils se parlent en anglais. Quant aux activités, c’est pas mal mort, maintenant. »

Et puis, selon lui, les choses se sont compliquées avec le temps. « Les jeunes ne s’impliquent pas dans les organismes parce que c’est plein de structures, de paperasses à remplir, de comptes à rendre. Aujourd’hui, c’est plus facile de prendre son clavier et bitcher en ligne que de participer activement à une assemblée… » Il demeure quand même convaincu de l’importance pour les fermiers francophones de s’unir pour défendre leurs droits.

Indifférence ou survie?

Renée-Claude Goulet croit toutefois que d’autres considérations entrent en jeu concernant le manque d’implication de la jeune génération. « Certains d’entre eux ont un autre travail en dehors de la ferme, en plus des enfants, les devoirs, les activités parascolaires… Ce sont des gens moins disponibles pour la communauté et c’est à nous de trouver le moyen d’aller à leur rencontre, par exemple avec le virtuel, le jumelage de membres. Le CA de l’UCFO est très jeune et ça vient avec ses défis parce qu’ils ont leur famille, ils sont encore dans les débuts de leur entreprise et n’ont pas toujours le temps. »

Malgré que le tableau soit sombre, Mme Goulet rappelle à la jeune génération que « l’union fait la force. Il y a des gens qui partagent vos valeurs, qui se battent pour les mêmes choses que vous et c’est en offrant un peu de son temps qu’on contribue directement à la survie de ces organismes-là. »

IJL – Réseau.Presse – Agricom