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le Mercredi 27 août 2025 12:05 Environnement

Un été sec inquiète les producteurs de sapins de Noël

Cette ferme de l'Est ontarien est l'une des 700 où l'on cultive les arbres de Noël dans la province.
Cette ferme de l'Est ontarien est l'une des 700 où l'on cultive les arbres de Noël dans la province.

Planter aujourd’hui ce qui sera récolté dans 15 ans, avec l’incertitude du marché et du climat : voilà le défi des producteurs de sapins de Noël.

Un été sec inquiète les producteurs de sapins de Noël
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Shirley Brennan a constaté l’inquiétude des cultivateurs face à la sécheresse.

L’Ontario compte la plus importante production de sapins de Noël au Canada. En août, les membres de Christmas Tree Farmers of Ontario (CTFO) se sont réunis à Listowel pour échanger sur l’industrie et ses défis. Cette année, l’absence de relève et la canicule étaient sur toutes les lèvres.

Sapins, érables, même combat

Fondée en 1953, l’association CTFO regroupe 125 membres dont certains sont des descendants de membres fondateurs. Ce n’est pourtant qu’une fraction des quelque 700 fermes de culture d’arbre de Noël que compterait la province, qui regroupe à elle seule plus de la moitié des entreprises de ce type de production au pays.

« Comme pour les érablières, on trouve davantage d’entreprises industrielles de sapins au Québec, tandis que les exploitations ontariennes sont plus modestes et généralement familiales », explique Shirley Brennan, directrice générale de CFTO et qui occupe des fonctions similaires au sein d’un regroupement canadien.

Selon elle, l’exploitation industrielle sous-entend d’être propriétaire de centaines, peut-être de milliers d’acres alors que les propriétaires de boisés en Ontario n’ont souvent que quelques dizaines d’acres tout au plus. Quelque soit la taille de l’entreprise, la rencontre de Listowel a permis aux participants d’échanger sur les questions de relève et du climat.

« Beaucoup des propriétaires de sapinières ont parlé de l’impact de la sécheresse des dernières semaines et des méthodes d’irrigation. L’un d’entre eux a confié avoir perdu 95% des arbres qu’il a planté cette année », souligne Mme Brennan.

Chaque année, la famille Brabant unit ses forces pour répondre à la demande d’arbres de Noël.

Et la relève?

Selon elle, ce portrait ne risque pas de séduire la relève, qui se fait hésitante à reprendre une plantation parfois partiellement abandonnée par les cultivateurs à l’approche de la retraite. « On commence dans le domaine en sachant qu’il faudra 10 ou 15 ans avant d’être payé pour les arbres plantés aujourd’hui! Par contre, plusieurs personnes reviennent à la culture d’arbres après avoir travaillé ailleurs. »

À Casselman, Yvon Brabant connaît bien les défis dont parlent les membres de CTFO. « J’ai 70 ans, j’ai récemment creusé une tranchée de mille pieds (environ 300 mètres) à la main parce qu’on avait eu trop d’eau au printemps. Maintenant, la canicule menace les arbres. » En plus d’arroser manuellement un champ ou deux, M. Brabant dit laisser pousser le gazon pour retenir l’humidité dans le sol.

Prévoit-il de la relève dans sa famille? « Peut-être mon petit-fils… Mais il n’a que sept ans! Pour un jeune couple, il faut un autre emploi. Si je vends 800 arbres par année à 100$ l’arbre, c’est 80 000$ de revenus. Là, il faut enlever les taxes, l’assurance, les réparations, l’entretien, l’achat des arbres qu’on plante et les frais pour organiser des événements, à part la main-d’œuvre… Les jeunes préfèrent trouver autre chose de moins difficile », dit-il.

Tradition et avenir

Si l’arbre est vendu trop cher, le client se tournera vers un autre vendeur ou un sapin artificiel. M. Brabant doit donc essayer de deviner la tendance du marché et les conditions climatiques des prochaines années. « Ça fait cinq ou six ans que je plante le triple de ce que je vends. On a une bonne clientèle, plusieurs venaient ici avec leurs parents quand ils étaient jeunes et ils reviennent avec leurs enfants, c’est une tradition de venir couper leur arbre. »

Selon lui, tant que le consommateur trouvera un arbre naturel à prix raisonnable sur une ferme familiale, l’avenir de la culture des arbres de Noël est assuré.

IJL – Réseau.Presse – Agricom