Québec – Ontario, étude conjointe dans le Nord


On en est au stade de la compilation des données dans le cadre de la première enquête interprovinciale sur la rentabilité et la production de veaux d’embouche dans le Nord.

Marc Dumont

Par Marc Dumont
Correspondant – Nord de l'Ontario
info@journalagricom.ca


Les attentes étaient grandes envers les résultats d’une première enquête interprovinciale sur la rentabilité et la production de veaux d’embouche dans le Nord. Du Québec et de l’Ontario, 200 entreprises ont répondu à un questionnaire sur tous les aspects de cette production. Parmi ces entreprises, 30 ont fait l’objet de rencontres individuelles dont 15 dans chaque province.  « Les producteurs du Québec et de l’Ontario ont évolué dans différentes directions.  C’est important d’apprendre de chacun», fait observer Barry Potter conseiller en développement agricole au ministère de l’Agriculture, de l’Alimentation et des Affaires rurales de l’Ontario (MAAARO). «Nous avons trouvé le projet intéressant. Cela a favorisé le travail en partenariat et les échanges sur les modèles de production bovine, des deux côtés de la frontière», ajoute pour sa part,  Alain Sarrazin, directeur régional au  ministère de l’Agriculture des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ).

En trame de fond, le développement des riches terres agricoles et de la production bovine ont motivé cette étude. Du côté ontarien, on cible le territoire de la Grande enclave argileuse qui s’étend de Matheson à Hearst. Au Québec, bien que la production soit bien installée, il reste beaucoup de terres inexploitées. L’étude vise à proposer un modèle pour une ferme bovine rentable en utilisant les meilleures pratiques.

L’étude n’est pas complétée. Elle n’est qu’au stade de la compilation de données. « On n’a pas la recette. On va aller voir ceux qui réussissent  et on va étudier le « pourquoi ». C’est compliqué parce que tous les ans les producteurs ne font pas toujours la même chose. Par exemple, quand le prix du bœuf est bon, certains achètent, d’autres vendent. Les fermes ne sont pas toutes pareilles », explique Yves Gauthier qui est impliqué dans ce projet. 

Mais déjà en regardant les données, il est possible de faire certains constats. Le revenu net par vache varie de 100 $ à 1200 $ selon les entreprises. Est-ce que les agriculteurs -entrepreneurs les plus performants font les affaires différemment ? se questionnent les chercheurs. Et les six fermes les plus performantes semblent se tenir en tête du peloton. Quant aux habitudes de gestion, les producteurs qui réussissent moins bien sont moins enclins à se renseigner, à chercher à apprendre ou à voir les occasions. Par contre, les plus performants sont trois fois plus enclins à tenir des registres financiers complets à jour et à les utiliser régulièrement pour prendre les décisions de gestion.  

C’est le deuxième symposium sur le sujet et il fait suite à celui tenu l’an dernier à Kapuskasing. Cette année, il s’est à Rouyn-Noranda au Québec.  Environ 155 participants ont entendu les présentations, soit en personne, soit par téléconférence. L’intérêt manifesté par les producteurs indiquait que les sujets répondaient à leurs besoins.

Les principaux organisateurs, Barry Potter du MAAARO et Carole Lafrenière de L’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue sont à la base de cette initiative qui promet d’ouvrir une nouvelle aire de collaboration et d’échange pour l’implantation d’une industrie bovine dynamique. « C’est de l’ouvrage, mais je suis contente », indique Mme Lafrenière. « Il n’y a pas de meilleure façon pour améliorer les sols dans la Grande enclave argileuse que la production bovine », ajoute-t-elle en conclusion de ce symposium.

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