le Samedi 4 février 2023
le Mercredi 30 novembre 2022 14:39 | mis à jour le 5 Décembre 2022 9:56 Vie rurale

Derecho : toujours pas d’aide du gouvernement

Les reste de la tempête au vignoble Clos du Vully
Les reste de la tempête au vignoble Clos du Vully
Derecho : toujours pas d’aide du gouvernement

Six mois après le fameux Derecho qui a balayé l’Est ontarien, les municipalités et les propriétaires de boisé n’ont aucune nouvelle du gouvernement Ford quant à de possibles aides financières pour les frais de nettoyage.

Jean Saint-Pierre est vice-président de Boisés-Est, une association des 200 propriétaires de boisés privés de l’Est ontarien francophones. Les forêts de 50 membres sont en mauvais état. « Ce sont des arbres empilés sur les autres, on demande aux gens de ne pas s’aventurer. C’est dangereux. ». La majorité des propriétaires n’ont pas entamé un vrai nettoyage à cause du danger et de la facture salée que ça représenterait. « Les frais pour faire faire le travail, c’est énorme. », explique-t-il.

Les conséquences sont lourdes pour les érabliers. C’est le cas de Jean-Marc Levac, dont l’une de ses érablières est située dans la forêt Larose. « Ça a tout cassé notre système de tubulure et, là, il est trop tard pour le printemps prochain », décrit l’acériculteur.

En l’absence d’aides provinciales ou gouvernementales, les gestionnaires de la forêt ne peuvent ni retirer les arbres tombés ni les remplacer. Les mains de Jean-Marc Levac sont liées puisqu’il n’est pas propriétaire du terrain. « Les Comtés unis [de Prescott et Russel], c’est eux autres qui sont censés nettoyer. », déclare le propriétaire de cabanes à sucre.

« Ce sont de grosses pertes financières pour cette année, et pour les années à venir », poursuit Jean Saint-Pierre. Les arbres prennent du temps avant d’arriver à maturité et être transformés en bois de construction ou en poteau. La région est connue pour ses pins rouges qui servent de poteau pour les fils électriques. Il explique que chacun de ces arbres peut valoir entre 700 $ et 800 $, mais ils doivent d’abord atteindre l’âge de 80 ou 90 ans.

 

Entre 2 chaises

La ministre de l’Agriculture, Lisa Thompson, a redirigé les acériculteurs vers le programme fédéral d’Agri-stabilité pour être compensé. Ce programme ne couvre que les pertes de revenu causées par la tempête. Ainsi, les frais de nettoyage et de transplantation ne seront pas couverts. Ce programme ne peut pas s’appliquer aux autres types d’exploitations forestières comme celle qui fournit du bois de construction ou du bois de déroulage.

Les dommages causés par la tempête n’ont pas nécessairement d’impact sur les ventes immédiates. C’est problématique pour les propriétaires de boisés qui ont besoin d’un soutien financier. Les arbres prennent du temps à grandir. Les pertes d’une exploitation de pins qui devaient servir de poteaux électriques s’échelonnent sur 80 ans.

Pour les propriétaires aux revenus plus stables, comme les acériculteurs, la tempête aura des conséquences pour plusieurs années. Les programmes en place ne couvrent pas les impacts financiers futurs.

D’autres programmes, comme l’engagement du Canada de planter 2 milliards d’arbres, ne peuvent pas non plus aider ces exploitants, puisqu’à terme, les arbres seront coupés. Toutefois, la majorité des propriétaires de boisé assure une gestion pérenne des forêts. Ils permettent de garder le couvert forestier stable.

Environnement et Changement climatique Canada vise une couverture forestière minimale de 30 % partout au pays. La Fondation David Suzuki et la Commission de la Capitale nationale ont étudié les propriétés bénéfiques des boisés autour de la capitale nationale. Les résultats ont servi à donner une valeur pécuniaire à un hectare de forêt. Ainsi, dans cette région, un hectare de forêts vaudrait 5 318,12 $ en service rendu.