le Samedi 4 juillet 2026
le Mercredi 11 mars 2026 15:25 Agriculture

Ontariens et Québécois unis contre le TGV

  PHOTO : Facebook
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Des agriculteurs des deux côtés de la frontière se sont rassemblés jeudi dernier à Chute-à-Blondeau pour dénoncer le corridor d’étude du projet Alto. Ils craignent des pertes de terres agricoles et déplorent un manque d’information.

Ontariens et Québécois unis contre le TGV
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Entre 100 et 200 personnes, dont une dizaine d’agriculteurs venus avec leurs tracteurs, ont pris part à la mobilisation. Parmi eux se trouvait Sébastien Peeters, agriculteur et président du syndicat UPA d’Argenteuil. «Je suis allé à la manifestation en tant que producteur et représentant de mon syndicat parce qu’on essaie de coopérer avec l’Ontario. On est un peu dans la même situation : on se retrouve dans le corridor étudié et on est directement touchés.»

La présence d’agriculteurs ontariens et québécois démontre que les préoccupations sont partagées dans toute la région, affirme Sébastien Peeters. «À Chute-à-Blondeau, il y avait des producteurs des deux côtés de la rivière. On voulait montrer que les gens n’acceptent pas trop cette situation.»

Préserver les champs

Les opposants au corridor étudié disent craindre des impacts importants pour l’agriculture.

«L’idée du train n’est pas mauvaise en soi. On n’est pas nécessairement contre. Mais on ne peut pas gaspiller autant de terres agricoles», affirme Sébastien Peeters. Il estime que certaines alternatives pourraient réduire l’impact sur les terres cultivées.

«Il y aurait peut-être moyen de passer plus haut dans les montagnes ou de longer des infrastructures existantes comme l’autoroute 50 entre Gatineau et Mirabel, plutôt que de traverser directement les champs.»

Sébastien Peeters rappelle également que les surfaces exploitables sont déjà limitées. «Juste au Québec, on parle d’environ 1 500 hectares de terres cultivables qui pourraient être utilisés ou détruits pour le tracé. On a déjà peu de terres agricoles et ça pourrait aussi nuire à l’efficacité des fermes si les champs sont séparés par la voie ferrée.» D’après lui, les producteurs doivent déjà se faire entendre. «On est encore au stade embryonnaire des tracés. Si on veut influencer le projet, c’est maintenant qu’il faut montrer nos positions.»

Guillaume Bercier, producteur agricole à St-Isidore dans l’Est ontarien. 

PHOTO : Marc-Olivier Bisson

Un manque d’informations
Du côté ontarien, plusieurs producteurs disent surtout manquer d’information.

Guillaume Bercier, du Centre de criblage Marc Bercier Inc., affirme que les propriétaires de terres dans la région naviguent dans l’incertitude. «Le 2 février, on a appris qu’il y avait une zone d’étude dans l’est de l’Ontario et que ça pourrait passer sur nos terrains. Mais on n’a pas de tracé officiel. On entend surtout des rumeurs», regrette-t-il.

L’agriculteur de St-Isidore affirme que cette absence d’information suscite l’appréhension des producteurs. « On est inquiets comme à peu près tous les propriétaires de terrains. L’opinion est très partagée : certains pensent que le projet n’ira jamais de l’avant, d’autres disent qu’on en aura peut-être besoin un jour. »

«Les semis arrivent dans deux mois. Je ne vais rien changer pour l’instant », affirme Guillaume Bercier qui craint surtout les impacts sur l’accès aux terres. «Si des chemins sont coupés ou que les champs sont séparés, ça complique énormément le travail.»

Face au brouillard entourant le TGV Alto, Guillaume Bercier souligne que les agriculteurs des deux provinces cherchent à se serrer les coudes. «Il n’y a pas de rivalité avec le Québec. Au contraire, il faudrait qu’on se tienne tous ensemble.»

D’autres mobilisations pourraient avoir lieu dans les prochains mois, certains bruits de couloirs évoquant une potentielle manifestation à Ottawa.

Agricom – Maxime Mainieri – IJL