La fulgore tacheté, un danger pour nos cultures

Le fulgore tacheté (Lycorma delicatula), un insecte coloré, menace les vignobles de la région du Niagara. En effet, ce parasite se rapproche dangereusement de la frontière canadienne. La récente infestation au Michigan un peu plus tôt ce mois-ci inquiète les experts. Aussi, l’insecte aurait été repéré dans l’État de New York. L’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA) a confirmé que 2 cadavres de cet insecte ont été trouvés au Québec sur un camion qui arrivait de Pennsylvanie.

fulgore tacheté
Le parasite se démarque par ses ailes cramoisi.

L’insecte est sur la liste des parasites puisqu’il se nourrit d’une variété de fruits et d’arbres ornementaux et ligneux. Outre le fait que l’insecte puisse réduire la quantité de fruits disponible. En se nourrissant, le fulgore tacheté rend les plantes plus susceptibles aux blessures causées par le froid d’hiver. Il réduit aussi la concentration d’amidon dans les racines ce qui a un impact direct sur les rendements l’année suivante et la mort potentielle des vignes.

Le fulgore tacheté se nourri de la sève de la plante en perçant l’écorce. Selon certaines recherches, l’insecte semble préférer les plantes avec une importante pression de turgescence. Ce qui explique sa préférence pour les vignes. Le danger pour cette plante est que si une quantité importante de fulgore tacheté s’alimente sur un même plant, la plante ne peut plus autant s’alimenter. Cela est causé par le fait qu’autres parce que la sève ne circule plus aussi aisément. Lorsqu’il se nourrit, le fulgore tacheté absorbe les glucides, dont l’amidon fait partie, et l’azote.

Ce parasite en soi n’est pas la seule menace. Ses excréments, appelés miellat, peuvent attirer d’autres insectes et être colonisés par la fumagine. Sans être un parasite, ce type de champignon peut agir comme une barrière qui empêche les feuilles de produire de la photosynthèse.

Un globe-trotteur

Cet insecte d’origine asiatique est arrivé il y a quelques années sur le continent américain. Il a été détecté pour la première fois en Pennsylvanie en 2014 et s’est répandu dans plus de 11 autres états. Toutefois, il n’a jamais été détecté vivant au Canada précise Emily Posteraro du Centre des espèces invasive. Elle explique que le parasite change de territoire en étant transporté. C’est-à-dire que le parasite peut pondre ses œufs ou voyager lui-même en étant sur un véhicule. Sinon, il ne peut pas voler aussi loin. On observe la présence de ce parasite dans des endroits où l’ailante glanduleux (Ailanthus altissima), son arbre de prédilection, est aussi présent. D’ailleurs, ce type d’arbre est aussi considéré comme une espèce invasive en Amérique du Nord.

La meilleure façon de prévenir une infestation de fulgores tachetés est de reconnaitre et de rapporter le parasite. « Le plus tôt que le fulgore tacheté est détecté, le plus rapidement l’infestation peut être contenue », affirme la coordonnatrice au développement de programmes.

Aux États-Unis, les invasions de cet insecte sont gérées grâce aux pesticides. Or, ce dernier n’est pas autorisé au Canada. Dans le cas d’une infestation, Emily Posteraro pense qu’une permission spéciale pourrait être autorisée. Depuis 2018, l’insecte qui raffole des arbres fruitiers est sur la liste des parasites réglementé par le gouvernement canadien.

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