le Dimanche 21 avril 2024
le Mardi 9 janvier 2024 10:00 Environnement

De 1998 à 2023, rétrospective sur la crise du verglas et sur l’agriculture

Verglas sur des arbres et des fils électriques
Verglas sur des arbres et des fils électriques
Vous souvenez-vous du 5 janvier 1998 ? C’est la journée qui a marqué le début de la crise historique du verglas qui a affecté le territoire du nord-est américain comprenant une majeure partie du Québec, de l’Ontario et de l'État de New York. Des milliers de résidents ont été plongés dans une noirceur totale, sans services essentiels disponibles. Le secteur agricole n'a pas été épargné par les dommages du verglas, détruisant sur son passage de nombreuses récoltes et laissant de nombreux producteurs en détresse.
De 1998 à 2023, rétrospective sur la crise du verglas et sur l’agriculture
00:00 00:00

Selon l’agronome indépendant Gilles Quesnel, la crise du verglas a surtout affecté la zone des arbres fruitiers tels que les pommiers. « Le dommage a été très sévère », commente-t-il. « Certains producteurs ont dû recommencer à nouveau leurs vergers qu’ils ont dû carrément abattre. Les jeunes pommiers ont été moins affectés contrairement aux vieux pommiers dus à l’accumulation de grande quantité de glace au niveau de leurs branches. » 

« Les érablières ont également été très endommagées », ajoute Pierre-Paul Maurice, directeur à la Fédération de l’Agriculture de l’Ontario.

La génératrice était le dispositif indispensable et excessivement convoité. Bien que plusieurs producteurs en avaient une, certains n’en avaient pas ou avaient seulement de petits modèles qui ne fournissaient pas suffisamment d’électricité. La crise ayant perduré pendant plusieurs semaines pour certaines régions, les besoins en électricité étaient devenus un besoin essentiel. 

« C’était donc très difficile pour les producteurs laitiers qui avaient besoin de procéder à la traite des vaches, par exemple », explique Gilles Quesnel. « Pendant la crise, je m’occupais de distribuer les génératrices aux agriculteurs. C’était loin d’être évident avec l’absence des moyens de communication. Nous devions prioriser ceux qui en avaient le plus besoin. » 

« Ce dont je me souviens et qui est encore très clair dans mon esprit a été l’impact psychologique sur les producteurs », affirme Pierre-Paul Maurice. « C’était la charge mentale et le stress de continuer à prendre soin des animaux, à procéder à la traite des vaches, etc. Tout était affecté. Imaginez-vous devoir dépendre d’une génératrice pour vivre. Ce n’était pas de bonnes journées ! »

Sur une note plus positive, les grandes cultures ainsi que les petits fruits ont eu beaucoup plus de chance. « Les framboisiers sont très coriaces ! », commente Gilles Quesnel. « Les fraises ont aussi réussi à survivre au verglas. En dessous de l’épaisse couche de glace, il y avait environ 10 cm de neige dure et granuleuse qui a permis l’écoulement de l’eau vers les racines sans se transformer en glace. Ça m’avait beaucoup surpris. » 

Cette crise a poussé les communautés à s’entraider. « Les agriculteurs se partageaient les génératrices d’un voisin à l’autre afin de s’assurer de fournir suffisamment d’électricité », continue Gilles Quesnel. « Les militaires canadiens, les pompiers volontaires et certaines organisations agricoles étaient également présents sur les lieux afin d’apporter de l’aide.» 

La crise du verglas a assurément fait réaliser plusieurs choses: que personne n’est véritablement à l’abri d’une situation d’urgence, que l’électricité est une source essentielle et que l’entraide et le soutien sont indispensables.

IJL – Réseau.Presse – Agricom