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le Mercredi 14 février 2024 13:38 Portrait d'entreprise

Ferme Dagenais et le Tournesol: un écosystème basé sur le cycle de vie

« La famille pratique la biodynamie, c'est-à-dire l’art de retourner la vie à la terre nourricière. »
« La famille pratique la biodynamie, c'est-à-dire l’art de retourner la vie à la terre nourricière. »
Quand on met les pieds à la Ferme Dagenais et la boutique le Tournesol à Embrun, on pénètre dans un univers où tout est relié. Ici, les produits de la ferme côtoient les services d’herboristerie, de naturopathie et d'ostéopathie. Rencontre avec une famille en symbiose avec son environnement.
Ferme Dagenais et le Tournesol: un écosystème basé sur le cycle de vie
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Fondée en 1984, la ferme familiale regroupe la culture maraîchère traditionnelle bien sûr, mais aussi l’apiculture, la viticulture ainsi que le jardinage. À cela s’ajoutent l’élevage de vaches canadiennes, de poulet et de porcs. C’est tout un écosystème qui s’y est tranquillement développé.

Écouter la terre

La famille pratique la biodynamie, c’est-à-dire l’art de retourner la vie à la terre nourricière. Le terme était initialement inconnu de Gilles Dagenais, à l’époque où il était comptable. Après avoir vécu des problèmes de santé, sa famille s’est tournée vers cette approche particulière de l’agriculture. « On prône l’harmonie avec le cosmos. Rudolf Steiner est derrière cette activité agricole qui repose sur l’influence des rythmes lunaires et planétaires. On a appris les choses manuelles, au-delà des principes. »

Le principe de base n’a rien de révolutionnaire: dans la plupart des écosystèmes, il faut des animaux pour contribuer à la croissance des plantes. Les légumes, par exemple, bénéficient des rejets d’animaux pour obtenir les nutriments dont ils ont besoin. « Les vers de terre aèrent le sol et l’engraissent, les micro-organismes sont la médecine du sol », explique l’agriculteur.

Et les vaches? Elles servent entre autres à… capter l’énergie du cosmos.

La parfaite imperfection

La Ferme est l’un des seuls vergers biologiques dans l’Est ontarien. « Les vergers biologiques, ce n’est pas facile, car les gens recherchent quelque chose de parfait », explique Mme Dagenais. 

« C’est très humide, donc nous avons beaucoup d’insectes. Pour les contrôler, nous avons des pommes rouges peinturées. Nous arrosons au printemps d’huile végétale et de savon de vaisselle quand il fait chaud, pour que ça brûle les vers. » 

Céline, l’une des trois filles de Gilles se souvient de l’époque où les vergers ont commencé à produire. « Nous avions des bébés, alors la conciliation travail-famille était plus simple. Nous faisions l’école à la maison, selon les principes de l’éducation Waldorf, et toute la communauté venait ramasser des pommes et des patates à la ferme. »

Les trois sœurs herboristes travaillent aujourd’hui avec leur père, se partageant les rôles. Une cliente achète son miso: « Je ne suis pas obligée d’aller en ville maintenant que je suis retraitée et je peux acheter plein de bonnes choses santé », se réjouit-elle.

Un mal pour un bien

Si la famille Dagenais chérit son autonomie face à d’éventuelles catastrophes -un réflexe adopté lors du fameux bogue de l’an 2000-, elle a tout de même joué de chance l’été dernier, alors que des feux de forêts faisaient rage au Canada. « On a eu droit à une année record en production de pommes à cause justement des feux de forêts », explique la jeune femme. « Comme les plantes ont besoin de carbone, elles se régénèrent rapidement après un incendie. »

L’autosuffisance permet aussi à la famille d’éliminer le besoin d’aller à l’épicerie, puisqu’elle produit elle-même la nourriture dont elle a besoin. L’hiver venu, elle planifie la prochaine saison et effectue les travaux généraux difficiles à réaliser en haute saison. Pour les Dagenais, santé et bonheur ne sont pas difficiles à trouver: il suffit d’écouter la nature.

IJL – Réseau.Presse – Agricom